{"id":723,"date":"2022-09-06T16:13:28","date_gmt":"2022-09-06T14:13:28","guid":{"rendered":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/?p=723"},"modified":"2022-09-07T14:19:50","modified_gmt":"2022-09-07T12:19:50","slug":"stop-aux-idees-recues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/2022\/09\/06\/stop-aux-idees-recues\/","title":{"rendered":"#StopAuxId\u00e9esRe\u00e7ues"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section][et_pb_row][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime;][et_pb_text]<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-691\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"691\" \/><br \/>\nDurant de nombreuses ann\u00e9es, le syndrome que l\u2019on d\u00e9finit aujourd\u2019hui comme un TDAH \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un probl\u00e8me chronique de comportements perturbateurs chez certains enfants. Ces derniers (majoritairement des gar\u00e7ons si l\u2019on en croit les premi\u00e8res descriptions qui en ont \u00e9t\u00e9 faites) \u00e9taient vus comme turbulents, incapables de tenir en place, caract\u00e9riels et beaucoup plus n\u00e9gligents et p\u00e9nibles pour les parents et autres adultes qui les encadraient.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019avec l\u2019arriv\u00e9e de la 3\u00e8me r\u00e9vision du DSM (APA, 1980) que les probl\u00e8mes d\u2019attention ont \u00e9t\u00e9 davantage reconnus ; ils furent alors consid\u00e9r\u00e9s comme faisant partie int\u00e9grante du trouble et pouvant d\u2019ailleurs se manifester avec ou sans comportement hyperactif \/ impulsif associ\u00e9. Ainsi, s\u2019il est vrai que le TDAH peut \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 des manifestations comportementales probl\u00e9matiques, ainsi que des attitudes d\u2019opposition ou de provocation, ces derni\u00e8res ne sont aujourd\u2019hui pas consid\u00e9r\u00e9es comme caract\u00e9ristiques ou sp\u00e9cifiques \u00e0 ce trouble, bon nombre de personnes identifi\u00e9es comme TDAH n\u2019ont jamais pr\u00e9sent\u00e9 de probl\u00e8mes de comportement. (Brown, 2019)<\/p>\n<p>Notons, toutefois, que de nombreuses recherches men\u00e9es durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie indiquent que les personnes souffrant de TDAH \u00e9prouvent des difficult\u00e9s sur le plan de la gestion \u00e9motionnelle, et plus particuli\u00e8rement en ce qui concerne la tol\u00e9rance \u00e0 la frustration (Barkley &amp; Fischer, 2010 ; Purper-Ouakil &amp; Franc, 2011 ; Surman et al., 2013 ; Villemonteix &amp; Purper-Ouakil, 2015). Les patients ou leur entourage d\u00e9crivent souvent des difficult\u00e9s chroniques dans la gestion de la col\u00e8re et de la frustration, de la d\u00e9ception, du d\u00e9sir ou de l\u2019inqui\u00e9tude, ces \u00e9motions ayant tendance \u00e0 \u00eatre envahissantes et \u00e0 emp\u00eacher l\u2019utilisation ad\u00e9quate de la pens\u00e9e ou des ressources cognitives (Brown, 2019). En outre, la comorbidit\u00e9 entre le TDAH et un trouble du comportement de type trouble oppositionnel avec provocation (ou TOP) est tr\u00e8s fr\u00e9quente et s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 pr\u00e8s de 50% (ainsi, pr\u00e8s d\u2019un enfant sur deux qui souffre d\u2019un TDAH pr\u00e9sente \u00e9galement un TOP). Ce constat concerne davantage les enfants qui affichent un TDAH \u00e0 pr\u00e9dominance hyperactive et impulsive ou de type mixte et sugg\u00e8re l\u2019existence de facteurs de risque et de dysfonctionnements communs aux deux troubles (Burns, 2014 ; Bange, 2014). Ceux-ci sont, n\u00e9anmoins, distincts et peuvent donc exister l\u2019un sans l\u2019autre.<\/p>\n<p>L\u2019analyse et la description d\u00e9taill\u00e9e du fonctionnement d\u2019un individu apparaissent, par cons\u00e9quent, indispensables pour appr\u00e9cier ses forces et difficult\u00e9s de celui-ci de fa\u00e7on pr\u00e9cise et orienter au mieux les interventions et prises en charge les plus adapt\u00e9es pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-696\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image2-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"696\" \/><br \/>\nSi l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux premi\u00e8res \u00e9tudes men\u00e9es sur la pr\u00e9valence du TDAH, le ratio gar\u00e7on \/ fille \u00e9tait estim\u00e9 \u00e0 6 pour 1, soit six fois plus de gar\u00e7ons que de filles (Martin et al., 2018). Les donn\u00e9es s\u2019appuyaient, toutefois, exclusivement sur les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9colt\u00e9s via des milieux cliniques (h\u00f4pitaux et centres de consultations psychiatriques) et souffraient donc d\u2019un biais d&rsquo;\u00e9chantillonnage important (Brown, 2019).<\/p>\n<p>Des recherches \u00e9pid\u00e9miologiques ult\u00e9rieures bas\u00e9es sur des enqu\u00eates aupr\u00e8s d\u2019\u00e9chantillons de la population g\u00e9n\u00e9rale ont ensuite rapport\u00e9 un ratio plus proche de trois gar\u00e7ons pour une fille. Cette proportion s\u2019\u00e9quilibre, n\u00e9anmoins, lorsque la pr\u00e9valence du trouble est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et le ratio est alors plus proche d\u2019un homme pour une femme (Bange, 2014 ; Kooij et al., 2018; Brown, 2019 ; Caci, 2021).<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que bon nombre de filles ne sont pas diagnostiqu\u00e9es avant l\u2019\u00e2ge adulte (Kooij et al., 2018 ; Brown, 2019). Plusieurs \u00e9l\u00e9ments pourraient expliquer cela. Tout d\u2019abord, le fait que la plupart des filles souffrant de TDAH sont moins agit\u00e9es et perturbatrices que les gar\u00e7ons durant l\u2019enfance et peuvent donc passer plus inaper\u00e7ues. Les filles affichent, en effet, davantage la pr\u00e9sentation inattention pr\u00e9dominante (Wellcutt, 2012) et manifestent moins de sympt\u00f4mes d&rsquo;hyperactivit\u00e9, ce qui pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme moins probl\u00e9matique par l\u2019entourage et limiter, de ce fait, le recours \u00e0 des interventions ou des consultations sp\u00e9cialis\u00e9es menant \u00e0 un diagnostic.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, le taux d\u2019erreurs diagnostiques appara\u00eet significativement plus \u00e9lev\u00e9 chez les filles et les femmes et les manifestations rapport\u00e9es par celles-ci sont fr\u00e9quemment associ\u00e9es \u00e0 d\u2019autres troubles plut\u00f4t qu\u2019au TDAH. Ainsi, l\u2019inattention, la distraction, les oublis seront plus facilement consid\u00e9r\u00e9s comme sympt\u00f4mes d\u2019une \u00e9motivit\u00e9 exacerb\u00e9e, d\u2019un trouble anxieux ou d\u2019une d\u00e9pression que comme relevant d\u2019un D\u00e9ficit de l\u2019Attention avec ou sans Hyperactivit\u00e9 (Martin et al., 2018).<\/p>\n<p>Pourtant, les \u00e9tudes men\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es soulignent qu\u2019aucune diff\u00e9rence significative n\u2019est observ\u00e9e en ce qui concerne les sympt\u00f4mes \u00e9prouv\u00e9s, le fonctionnement cognitif ou psychosocial, ni m\u00eame en ce qui concerne les comorbidit\u00e9s souvent associ\u00e9es au TDAH (Biederman et al., 2010 ; Hinshaw et al., 2012 ; Brown, 2019).<\/p>\n<p>Enfin, notons que la pr\u00e9valence globale du trouble tend \u00e0 diminuer avec l\u2019\u00e2ge. On estime, ainsi, \u00e0 pr\u00e8s de 5% le nombre d\u2019enfants TDAH, tous pays d\u2019origine et tous niveaux socio-\u00e9conomiques confondus et \u00e0 environ 3% le nombre d\u2019adultes souffrant de ce trouble (Polanczyk, 2007 ; Bange, 2014 ; Caci, 2021). Ces donn\u00e9es, expliqu\u00e9es notamment par le taux de r\u00e9mission du TDAH, peuvent \u00e9galement rendre compte du r\u00e9-\u00e9quilibrage du ratio homme \/ femme.<\/p>\n<p>Les recherches actuelles invitent donc \u00e0 une certaine prudence lorsque l\u2019on consid\u00e8re la pr\u00e9valence du TDAH en fonction du sexe et tendent \u00e0 d\u00e9mentir l\u2019id\u00e9e selon laquelle le TDAH touche significativement plus de gar\u00e7ons que de filles.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-697\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image3-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"697\" \/><br \/>\nLe st\u00e9r\u00e9otype de l\u2019enfant TDAH d\u00e9crit comme turbulent, constamment inattentif et sans cesse en mouvements, d\u00e9sob\u00e9issant et brusque est encore (trop) souvent pr\u00e9sent dans le sens commun. Si ces manifestations peuvent \u00eatre associ\u00e9es au D\u00e9ficit de l\u2019Attention avec ou sans Hyperactivit\u00e9, elles ne sont pas, pour autant, syst\u00e9matiques ou permanentes et doivent donc \u00eatre nuanc\u00e9es.<\/p>\n<p>En effet, beaucoup d\u2019individus ayant \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s TDAH n\u2019ont jamais pr\u00e9sent\u00e9 de probl\u00e8me de comportement significatif et certains ne manifesteront jamais d\u2019agitation excessive. En outre, bon nombre d\u2019enfants ayant pr\u00e9sent\u00e9 de l\u2019hyperactivit\u00e9 verront leur agitation et leur besoin de bouger nettement diminuer \u00e0 partir de l\u2019adolescence (Brown, 2019).<\/p>\n<p>Les principaux dysfonctionnements du TDAH concernent les fonctions ex\u00e9cutives et le syst\u00e8me de \u201cgestion\u201d du cerveau (Barkley, 2015 ; Brown, 2019), lesquels g\u00e9n\u00e8rent des difficult\u00e9s qui peuvent \u00eatre cognitives, comportementales et \u00e9motionnelles. L\u2019hyperactivit\u00e9 et l\u2019impulsivit\u00e9, tout comme l\u2019inattention, seraient donc les manifestations observables de ce d\u00e9faut de gestion et d\u2019auto-r\u00e9gulation (d\u00e9ficit d\u2019inhibition) cons\u00e9quent au dysfonctionnement ex\u00e9cutif.<\/p>\n<p>La fr\u00e9quence et l\u2019intensit\u00e9 de cette triade centrale de sympt\u00f4mes (inattention, hyperactivit\u00e9 et impulsivit\u00e9) varie, toutefois, d\u2019un individu \u00e0 l\u2019autre, g\u00e9n\u00e9rant une tr\u00e8s grande vari\u00e9t\u00e9 de \u201cprofils TDAH\u201d (Marquand et al., 2016), lesquels sont regroup\u00e9s en trois pr\u00e9sentations : inattentive pr\u00e9dominante, hyperactive \/ impulsive pr\u00e9dominante et combin\u00e9e. Ces trois types ne sont, cependant, pas stables dans le temps, d\u2019assez nombreux individus passant de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre au cours de leur d\u00e9veloppement (Vantalon, 2014 ; Bange, 2014). Ainsi, les sympt\u00f4mes peuvent tant\u00f4t s\u2019aggraver, s\u2019att\u00e9nuer ou dispara\u00eetre\u2026<\/p>\n<p>Les recherches centr\u00e9es sur l\u2019analyse de la trajectoire d\u00e9veloppementale du TDAH (c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9volution des manifestations associ\u00e9es au trouble au cours de la vie d\u2019un individu) s\u2019accordent sur la grande variabilit\u00e9 de la triade symptomatique et de ses expressions au cours du temps chez un m\u00eame individu (Vantalon, 2014 ; Franke et al., 2019), mais \u00e9galement sur leur grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 inter-individuelle (Asherson &amp; Agnew-Blais, 2019). Pour exemple, nous pouvons nommer le remaniement symptomatique r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9 durant l\u2019adolescence o\u00f9 l\u2019hyperactivit\u00e9 devient souvent plus s\u00e9lective ou int\u00e9rioris\u00e9e (Gollier-Briant et al., 2018 ; Brown, 2019).<\/p>\n<p>Notons, par ailleurs, que les manifestations ne sont pas constantes, certaines situations ou activit\u00e9s (typiquement lorsque celles-ci pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 ou procurent un r\u00e9el plaisir) permettant un meilleur contr\u00f4le de celles-ci, sans pour autant que cela ne remette en question le diagnostic \u00e9tabli (Brown, 2017).<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, en ce centrant sur l\u2019hyperactivit\u00e9, il y a lieu de pr\u00e9ciser, d\u2019une part, que tous les individus ayant un diagnostic de TDAH ne manifestent pas automatiquement d\u2019hyperactivit\u00e9 et, d\u2019autre part, que l\u2019hyperactivit\u00e9 est elle-m\u00eame \u00e9volutive et peut s\u2019att\u00e9nuer, dispara\u00eetre ou se modifier dans certaines situations et au cours de la vie d\u2019un patient.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-698\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image4-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"698\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image4-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image4-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image4.jpg 414w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLe terme \u201cmultidys\u201d notamment d\u00e9velopp\u00e9 par Mazeau et Pouhet (en 2005, puis \u00e0 nouveau en 2014) est utilis\u00e9 pour d\u00e9crire une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes, mais n\u2019est actuellement pas reconnu comme une entit\u00e9 sp\u00e9cifique par la communaut\u00e9 scientifique. Il n\u2019apparait, en effet, dans aucune nosographie et n\u2019est donc pas consid\u00e9r\u00e9 comme un diagnostic ou une pathologie en tant que tel.<\/p>\n<p>En proposant ce terme, les auteurs ont voulu insister sur la r\u00e9guli\u00e8re confusion entre les sympt\u00f4mes observables (consid\u00e9r\u00e9s comme des manifestations \u201csecondaires\u201d ou la cons\u00e9quence d\u2019un trouble sous-jacent) et l\u2019origine \/ la cause de ces manifestations (le diagnostic primaire) (Mazeau et Pouhet, 2005). L\u2019appellation \u201cmultidys\u201d vise donc \u00e0 d\u00e9crire la pr\u00e9sence de difficult\u00e9s, manifestations ou dysfonctionnements multiples (en lecture, en \u00e9criture, en raisonnement math\u00e9matique, au niveau praxique, sur le plan attentionnel et ex\u00e9cutif, etc.), mais ne permet pas d\u2019en comprendre la provenance ou le(s) trouble(s) sp\u00e9cifique(s) sous-jacent(s). De ce fait, les possibilit\u00e9s d\u2019intervention s\u2019en trouvent limit\u00e9es ou incompl\u00e8tes, non seulement parce qu\u2019on ne traitera pas un sympt\u00f4me \/ une difficult\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re en fonction de son origine, mais \u00e9galement parce qu\u2019une telle d\u00e9nomination ne permet pas de sp\u00e9cifier l\u2019aide \u00e0 apporter (au contraire d\u2019un diagnostic clair qui aide \u00e0 l\u2019identification des interventions consid\u00e9r\u00e9es comme les plus efficaces).<\/p>\n<p>Prenons l\u2019exemple d\u2019un \u201cd\u00e9ficit de la lecture\u201d observ\u00e9 par l\u2019entourage et objectiv\u00e9 par une s\u00e9rie de tests. \u00c0 ce stade, il ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que comme un sympt\u00f4me : une manifestation repr\u00e9sentant une difficult\u00e9 dans le fonctionnement d\u2019une personne. C\u2019est en d\u00e9terminant son origine (ou le diagnostic) que l\u2019on pourra ensuite identifier le type de r\u00e9\u00e9ducation \u00e0 privil\u00e9gier : si celui-ci est la cons\u00e9quence d\u2019un trouble sp\u00e9cifique de l\u2019apprentissage (dyslexie), l\u2019accompagnement th\u00e9rapeutique et les interventions \u00e0 envisager seront significativement diff\u00e9rents que s\u2019il est \u00e0 mettre en lien avec un TDAH, un trouble anxieux, voire m\u00eame des probl\u00e8me visuels ou orthoptiques.<\/p>\n<p>Il y a donc lieu de faire la distinction entre les processus d\u00e9faillants \u00e0 l\u2019origine (diagnostic primaire) et leurs cons\u00e9quences (sympt\u00f4mes ou manifestations) qui, elles, peuvent \u00eatre multiples puisqu\u2019un diagnostic unique peut entra\u00eener une myriade de sympt\u00f4mes diff\u00e9rents (Mazeau et Pouhet, 2005 ; Habib, 2014). Outre le risque de proposer des pistes d\u2019aides qui s&rsquo;av\u00e8reront vaines ou moins efficaces, l\u2019absence d\u2019un diagnostic primaire clair augmente \u00e9galement le risque d\u2019affubler un patient d\u2019un trop grand nombre d\u2019\u201d\u00e9tiquettes\u201d, lesquelles pourraient se r\u00e9v\u00e9ler inadapt\u00e9es voire contre-productives.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-699\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image5-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"699\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image5-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image5-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image5.jpg 442w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nSi l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la d\u00e9finition m\u00eame du terme, un syndrome est d\u00e9crit comme un \u201censemble de plusieurs sympt\u00f4mes ou signes en rapport avec un \u00e9tat pathologique donn\u00e9 et permettant, par leur groupement, d&rsquo;orienter le diagnostic\u201d (dictionnaire Larousse). Il est donc caract\u00e9ris\u00e9 par une s\u00e9rie de manifestations ou modifications morphologiques, fonctionnelles et\/ou biologiques de l\u2019organisme qui forment une entit\u00e9 reconnaissable, mais sans s\u2019int\u00e9resser sp\u00e9cifiquement \u00e0 leur origine ou leur cause.<\/p>\n<p>Le diagnostic, quant \u00e0 lui, repr\u00e9sente un acte m\u00e9dical qui permet de pr\u00e9ciser la nature m\u00eame des difficult\u00e9s d\u2019un patient. Il se base, notamment, sur l\u2019observation et l\u2019identification de l\u2019ensemble des manifestations qui posent des difficult\u00e9s et caract\u00e9risent le fonctionnement d\u2019un patient \u00e0 un temps donn\u00e9, mais ne s\u2019y limite pas. Il tient compte d\u2019autres param\u00e8tres (notamment, la temporalit\u00e9, les retentissements et l\u2019exclusion d\u2019autres causes possibles) qu\u2019il est indispensable d\u2019investiguer.<\/p>\n<p>Le syndrome dysex\u00e9cutif peut donc \u00eatre d\u00e9fini comme un ensemble de perturbations des fonctions ex\u00e9cutives (par exemple, difficult\u00e9 \u00e0 initier une action ou l\u2019arr\u00eater en temps voulu, \u00e0 maintenir un objectif ou finir ce qui a \u00e9t\u00e9 commenc\u00e9, \u00e0 coordonner plusieurs t\u00e2ches, \u00e0 planifier ou r\u00e9soudre un probl\u00e8me, \u00e0 r\u00e9guler l\u2019humeur \/ les \u00e9motions, \u00e0 faire preuve d\u2019auto-contr\u00f4le, etc.), lesquelles impactent le quotidien d\u2019un individu et posent probl\u00e8me dans la vie de tous les jours, mais il ne permet pas de pr\u00e9ciser l\u2019origine de ces difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>Il est commun\u00e9ment admis que ces fonctions peuvent \u00eatre perturb\u00e9es dans de nombreuses pathologies, telles que des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales acquises, des l\u00e9sions ant\u00e9- ou p\u00e9rinatales, des troubles neurod\u00e9veloppementaux, certaines pathologies neurog\u00e9n\u00e9tiques mais \u00e9galement dans diverses pathologies psychiatriques (pour une revue syst\u00e9matique, voir, notamment, Roy et al., 2017).<\/p>\n<p>En sant\u00e9 mentale, plus sp\u00e9cifiquement, les (tr\u00e8s) nombreuses \u00e9tudes men\u00e9es sur le sujet d\u00e9montrent un dysfonctionnement des fonctions ex\u00e9cutives dans la plupart des troubles reconnus actuellement, notamment les troubles neurod\u00e9veloppementaux (TDAH, trouble du spectre de l\u2019autisme, troubles sp\u00e9cifiques des apprentissages, trouble de la coordination \/ dyspraxie, d\u00e9ficience intellectuelle, etc.) les troubles disruptifs, du contr\u00f4le, des conduites et des impulsions (trouble oppositionnel avec provocation, trouble des conduites, personnalit\u00e9 antisociale), les troubles internalis\u00e9s (troubles d\u00e9pressifs et troubles de l\u2019humeur, troubles anxieux, troubles obsessionnels compulsifs), les troubles alimentaires ou encore les addictions (pour n\u2019en citer que quelques-uns : Landis et al., 2020 ; Yochim et al., 2013 ; Gustavson et al., 2017 ; Demetriou et al., 2018).<\/p>\n<p>Notons, par ailleurs, qu\u2019\u00e0 ce jour, aucun \u201cprofil sp\u00e9cifique\u201d n\u2019a pu \u00eatre identifi\u00e9 dans le dysfonctionnement ex\u00e9cutif (Miyake et al., 2015). Celui-ci ne permet donc pas de diff\u00e9rencier les pathologies entre elles.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, l\u2019identification d\u2019un syndrome dysex\u00e9cutif ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une pathologie en soi et se substituer \u00e0 un diagnostic, ce dernier restant indispensable pour comprendre plus pr\u00e9cis\u00e9ment le fonctionnement d\u2019un individu et sa nature, mais \u00e9galement pour orienter au mieux les interventions et prises en charge les plus adapt\u00e9es.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-700\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image6-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"700\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image6-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image6-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image6.jpg 440w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nSouvent diabolis\u00e9s &#8211; voire invectiv\u00e9s -, les \u00e9crans sont consid\u00e9r\u00e9s comme responsables de nombreux maux, particuli\u00e8rement chez les enfants et les adolescents. Ils sont, ainsi, notamment accus\u00e9s d\u2019augmenter le risque de d\u00e9velopper une pathologie, comme le TDAH, lorsqu\u2019ils sont utilis\u00e9s trop t\u00f4t dans le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant, trop souvent ou trop longtemps.<\/p>\n<p>Actuellement, toutefois, les donn\u00e9es issues de diff\u00e9rentes m\u00e9ta-analyses ayant \u00e9tudi\u00e9 le lien entre l\u2019utilisation des \u00e9crans et les comportements en lien avec le TDAH ne sugg\u00e8rent qu\u2019une relation faible entre ces deux \u00e9l\u00e9ments (Nikkelen et al., 2014 ; Beyens et al., 2018).<br \/>\nDans une \u00e9tude men\u00e9e en 2010, par exemple, Foster et Watkins ont cherch\u00e9 \u00e0 estimer le temps d\u2019exposition n\u00e9cessaire aux \u00e9crans pour constater des probl\u00e8mes attentionnels chez les enfants. Les r\u00e9sultats mettaient en \u00e9vidence qu\u2019il faut, en moyenne, 7h d\u2019exposition par jour entre 1 an et 3 ans pour que des difficult\u00e9s attentionnelles soient observ\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 7 ans. Dans un tel cas, toutefois, la surexposition pourrait n\u2019\u00eatre qu\u2019un sympt\u00f4me d\u2019un dysfonctionnement familial plus large et une analyse syst\u00e9mique appara\u00eet indispensable pour comprendre les causes sous-jacentes aux difficult\u00e9s observ\u00e9es\u2026 Le TDAH ne serait donc sans doute pas l\u2019hypoth\u00e8se principale dans l\u2019explication des difficult\u00e9s de l\u2019enfant.<\/p>\n<p>Plus que le temps d\u2019\u00e9cran en tant que tel, c\u2019est le contenu auquel l\u2019enfant est confront\u00e9 et la pratique qui est faite de l\u2019outil qui semblent \u00eatre davantage d\u00e9terminants dans l\u2019analyse du risque relatif \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Dans un article paru r\u00e9cemment dans Le Monde, Vanessa Lalo (psychologue sp\u00e9cialis\u00e9e dans les pratiques num\u00e9riques) soulignait, \u00e0 juste titre : \u201cune personne peut passer quatorze heures par jour \u00e0 regarder des vid\u00e9os de pandas qui p\u00e8tent, une autre passera quatorze heures \u00e0 lire des pages Wikip\u00e9dia ou \u00e0 regarder des vid\u00e9os p\u00e9dagogiques sur YouTube\u2026 Ils passeront le m\u00eame temps, mais leurs pratiques sont diff\u00e9rentes\u201d (Usages du num\u00e9rique : \u00ab La question du temps d\u2019\u00e9cran, c\u2019est le degr\u00e9 z\u00e9ro de l\u2019analyse \u00bb ; Le Monde, 2021).<\/p>\n<p>Notons, toutefois, que le d\u00e9ficit ex\u00e9cutif caract\u00e9ristique du fonctionnement des personnes souffrant de TDAH et, plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019impulsivit\u00e9, repr\u00e9sente un risque accru d\u2019engendrer une utilisation abusive ou inadapt\u00e9e de l\u2019\u00e9cran. Les difficult\u00e9s d\u2019inhibition et d\u2019auto-r\u00e9gulation rendent, en effet, la gestion du temps d\u2019\u00e9cran plus complexe et augmentent le risque d\u2019impacts n\u00e9gatifs li\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9cran (addiction, troubles du sommeil et, par extension, intensit\u00e9 de la symptomatologie inattention \/ agitation et irritabilit\u00e9) (Wang et al., 2017 ; Backer et al., 2018 ; Mathews et al., 2018; Cavalli et al., 2021).<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, \u00e0 l\u2019heure actuelle, aucun lien de causalit\u00e9 n\u2019a pu \u00eatre mis en \u00e9vidence entre l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9cran et le TDAH (l\u2019\u00e9cran ne peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e0 l\u2019origine d\u2019un TDAH), mais les patients souffrant de TDAH pourraient pr\u00e9senter un risque accru de d\u00e9velopper des probl\u00e9matiques en lien avec l\u2019\u00e9cran. Ici encore, l\u2019\u00e9ducation au trouble offrant des explications claires sur ces dangers et l\u2019importance d\u2019une hygi\u00e8ne de vie saine appara\u00eet donc indispensable pour contourner au maximum ces difficult\u00e9s.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-701\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image7-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"701\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image7-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image7-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image7.jpg 421w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nContrairement \u00e0 l\u2019effet des antibiotiques qui visent \u00e0 soigner une infection, le traitement m\u00e9dicamenteux propos\u00e9 dans les cas de TDAH n\u2019a pas pour objectif de gu\u00e9rir du trouble. Il agit davantage comme une b\u00e9quille visant \u00e0 soutenir certaines fonctions au moment o\u00f9 elle est utilis\u00e9e. Ainsi, \u00e0 l\u2019instar d\u2019une paire de lunettes qui am\u00e9liore la vision lorsqu\u2019elle est port\u00e9e, la Ritaline\u00ae (ainsi que ses cousins l\u2019Equazym\u00ae, le Concerta\u00ae ou le Medikinet\u00ae) permet de diminuer l\u2019intensit\u00e9 des difficult\u00e9s et ce, uniquement durant la p\u00e9riode o\u00f9 le m\u00e9dicament est actif. Pass\u00e9 ce d\u00e9lai d\u2019action, les am\u00e9liorations dispara\u00eetront progressivement. (Brown, 2017).<\/p>\n<p>Le M\u00e9thylph\u00e9nidate (ou MpH, mol\u00e9cule originale qui compose les traitements psychostimulants habituellement prescrits pour le TDAH) agit donc sur la symptomatologie et vise \u00e0 en diminuer l\u2019intensit\u00e9 (Brown, 2019). L\u2019effet est observable tant sur l\u2019inattention qu\u2019en ce qui concerne l\u2019agitation et l&rsquo;impulsivit\u00e9 et permet donc une am\u00e9lioration fonctionnelle au niveau des productions et de l\u2019efficacit\u00e9 du patient, mais \u00e9galement de la gestion \u00e9motionnelle et du contr\u00f4le de soi (Bange, 2014) et ce, dans tous les groupes d\u2019\u00e2ge (Cortese et al., 2018a).<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il ait montr\u00e9 une nette efficacit\u00e9 dans les cas de TDAH, il est important de noter que ce traitement n\u2019est pas sp\u00e9cifique au TDAH (les difficult\u00e9s ex\u00e9cutives, cibles principales du MpH, \u00e9tant pr\u00e9sentes dans bon nombre de pathologies) et peut \u00e9galement \u00eatre indiqu\u00e9, notamment, dans le traitement de la fatigue chronique, la d\u00e9pression, l\u2019apathie ou la narcolepsie. (Caci, 2021)<\/p>\n<p>Actuellement encore r\u00e9guli\u00e8rement controvers\u00e9, le recours au MpH est n\u00e9anmoins consid\u00e9r\u00e9, par la communaut\u00e9 scientifique, comme une recommandation de premi\u00e8re intention chez les adolescents et adultes qui pr\u00e9sentent un TDAH mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re, compte tenu de l\u2019efficacit\u00e9 marqu\u00e9e observ\u00e9e chez une grande majorit\u00e9 des patients, ainsi que son innocuit\u00e9 sur le long terme (voir, notamment, les guidelines propos\u00e9es par la Nice (2018), le CADDRA ou la derni\u00e8re d\u00e9claration de consensus mondial autour du TDAH (2021)).<\/p>\n<p>Ainsi, les \u00e9tudes s\u2019accordent sur une moyenne de 80% de r\u00e9ponses positives au traitement parmi les patients ayant \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s TDAH (Bange, 2014 ; Brown, 2017). Le b\u00e9n\u00e9fice th\u00e9rapeutique observ\u00e9 est donc important (comparativement au placebo ou \u00e0 l\u2019absence de traitement ou \u00e0 l\u2019utilisation de certaines interventions alternatives) et permettrait \u00e9galement de r\u00e9duire certains risques fr\u00e9quemment associ\u00e9s au TDAH, tels que l\u2019arr\u00eat pr\u00e9coce des \u00e9tudes, l\u2019instabilit\u00e9 professionnelle, l\u2019adoption de comportements \u00e0 risques (consommation de substances, accidents, d\u00e9linquance) (Brown, 2019).<\/p>\n<p>Bien que des effets ind\u00e9sirables puissent se manifester \u00e0 la suite du d\u00e9marrage d\u2019un traitement (les plus fr\u00e9quemment observ\u00e9s \u00e9tant une baisse d\u2019app\u00e9tit, des douleurs abdominales ou des c\u00e9phal\u00e9es), ceux-ci sont consid\u00e9r\u00e9s comme r\u00e9versibles \u00e0 l\u2019arr\u00eat du traitement vu l\u2019absence de s\u00e9quelle et de complication r\u00e9pertori\u00e9es sur plusieurs d\u00e9cennies de prescription \u00e0 large \u00e9chelle (Bange, 2014). Il n\u2019en reste pas moins que le traitement doit faire l\u2019objet d\u2019un suivi r\u00e9gulier aupr\u00e8s d\u2019un sp\u00e9cialiste, lequel proposera une surveillance continue en tenant compte, d\u2019une part, de l\u2019efficacit\u00e9 du traitement dans le quotidien du patient et, d\u2019autre part, de la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9ventuels effets secondaires ind\u00e9sirables (Caci, 2021).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-702\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image8-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"702\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image8-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image8-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image8.jpg 398w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLa plupart des \u00e9tudes men\u00e9es sur le lien entre le Haut Potentiel Intellectuel et les comp\u00e9tences sociales d\u00e9montrent que les individus pr\u00e9sentant un HPI sont g\u00e9n\u00e9ralement investis plus positivement par leurs pairs et globalement mieux int\u00e9gr\u00e9s dans les milieux qu\u2019ils fr\u00e9quentent et ce, quel que soit l\u2019\u00e2ge (Mouchiroud, 2004).<\/p>\n<p>Notons, toutefois, que, si les personnes \u00e0 HPI ne sont pas plus \u00e0 risque de pr\u00e9senter des difficult\u00e9s relationnelles ou sociales que les autres, cela ne les emp\u00eache pas d\u2019en rencontrer pour autant. Certains vivent donc des exp\u00e9riences de rejet ou de harc\u00e8lement (voir, notamment, Peters &amp; Bain, 2011), mais la cause de celles-ci est multifactorielle et ne peut donc \u00eatre attribu\u00e9e au haut potentiel uniquement (Brasseur in Gauvrit &amp; Clobert, 2021).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-703\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image9-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"703\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image9-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image9-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image9.jpg 384w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLes nombreuses recherches men\u00e9es sur le TDAH permettent d\u2019affirmer avec certitude que le TDAH n\u2019est pas une question d\u2019envie ou de volont\u00e9 (voir, notamment, Brown, 2017). Des dysfonctionnements fonctionnels et physiologiques sont constat\u00e9s et, bien que la\/les cause(s) ne soi(en)t pas encore claire(s), diverses hypoth\u00e8ses explicatives font consensus aupr\u00e8s des sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Toutefois, la plupart des personnes souffrant de TDAH (ainsi que leur entourage) rapportent ne ressentir aucune difficult\u00e9 dans certaines t\u00e2ches particuli\u00e8res, comme si les perturbations rencontr\u00e9es la plupart du temps (en termes d\u2019attention \/ concentration, de contr\u00f4le de soi et de ses \u00e9motions, d\u2019efficacit\u00e9, de rapidit\u00e9, d\u2019organisation, etc.) disparaissaient lors de certaines activit\u00e9s. Cet aspect est \u00e0 mettre en lien avec la notion d\u2019int\u00e9r\u00eat et de plaisir, \u00e9l\u00e9ments centraux dans le profil des individus TDAH.<\/p>\n<p>En effet, s\u2019il est largement reconnu que l\u2019\u00eatre humain peut se montrer plus performant lorsqu\u2019il est motiv\u00e9, int\u00e9ress\u00e9 et qu\u2019il prend plaisir \u00e0 une t\u00e2che, cet \u00e9tat apparait plus marqu\u00e9 encore dans le cas du TDAH en raison des dysfonctionnements qui le caract\u00e9risent (Sonuga-Barke &amp; Fairchild, 2012 ; Brown, 2017 ; Cortese in Bange, 2014). Ainsi, un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9, un plaisir important (ou une peur intense) face \u00e0 une t\u00e2che modifie la biochimie c\u00e9r\u00e9brale du patient TDAH et lui permet de surmonter les probl\u00e8mes habituels qu\u2019il rencontre ; cependant, ce changement n\u2019est pas volontaire ni contr\u00f4l\u00e9 (Brown, 2017).<\/p>\n<p>Cette inconsistance dans la motivation et son impact sur la performance est l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments le plus d\u00e9routant du TDAH, tant pour les patients que pour leur entourage !<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-704\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image10-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"704\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image10-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image10-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image10.jpg 369w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLes donn\u00e9es issues de diverses recherches men\u00e9es sur le TDAH ont permis de d\u00e9montrer que le D\u00e9ficit de l\u2019Attention\/Hyperactivit\u00e9 n\u2019est pas corr\u00e9l\u00e9 positivement ou n\u00e9gativement au quotient intellectuel (Antshel et al., 2017 ; Brown et al., 2009 et 2011a ; Brown., 2013 ; Rommelse et al., 2017). Ainsi, avoir un QI \u00e9lev\u00e9 n\u2019exclut pas la possibilit\u00e9 d\u2019avoir un TDAH et la symptomatologie ainsi que les difficult\u00e9s (scolaires, familiales, sociales) habituellement associ\u00e9es au TDAH ne varieraient pas en fonction du niveau d\u2019intelligence (Katusic et al., 2011 ; Cadenas et al., 2020 ; Rommelse et al., 2017).<\/p>\n<p>Soulignons, toutefois, que certains enfants pr\u00e9sentant un haut potentiel intellectuel peuvent pr\u00e9senter des manifestations qui \u201cimitent\u201d la symptomatologie habituellement associ\u00e9e au TDAH (inattention \/ agitation), mais sans que celle-ci ne soit la cons\u00e9quence d\u2019un dysfonctionnement r\u00e9el (les manifestations apparaissent secondaires \u00e0 l\u2019ennui et non en lien avec un d\u00e9ficit en tant que tel).<\/p>\n<p>A l\u2019inverse, si toutes les personnes souffrant d\u2019un trouble du d\u00e9ficit de l\u2019attention avec ou sans hyperactivit\u00e9 ne pr\u00e9sentent pas n\u00e9cessairement des capacit\u00e9s intellectuelles \u00e9lev\u00e9es (Brown, 2017), le TDAH ne peut pas non plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une cons\u00e9quence d\u2019un manque d\u2019intelligence ou de capacit\u00e9s amoindries dans ce domaine.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-705\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image11-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"705\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image11-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image11-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image11.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLe quotient intellectuel \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 comme un pr\u00e9dicteur de la r\u00e9ussite et fortement corr\u00e9l\u00e9 aux r\u00e9sultats scolaires, les enfants et adolescents pr\u00e9sentant un HPI (et, donc, un QI sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne) devraient, en toute logique, pr\u00e9senter moins de difficult\u00e9s acad\u00e9miques que leurs pairs tout-venants (Gauvrit in Gauvrit &amp; Clobert, 2021). Les donn\u00e9es issues des recherches scientifiques confirment cela et d\u00e9mentent, par la m\u00eame occasion, l\u2019id\u00e9e que le d\u00e9calage intellectuel v\u00e9cu par les individus \u00e0 haut potentiel pourrait induire un effet n\u00e9gatif de l\u2019intelligence qui contre-carrerait l\u2019impact habituellement positif du QI.<\/p>\n<p>Toutefois, m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas lieu de faire de lien direct et syst\u00e9matique entre le HPI et la pr\u00e9sence de difficult\u00e9s scolaires, cela ne signifie pas que les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 haut potentiel ne pr\u00e9sentent pas des besoins \u00e9ducatifs particuliers ou ne rencontrent jamais des difficult\u00e9s dans leur scolarit\u00e9, certains ayant besoin d\u2019am\u00e9nagements particuliers. Des strat\u00e9gies de diff\u00e9renciation p\u00e9dagogique (qui visent \u00e0 organiser l\u2019enseignement pour que les \u00e9l\u00e8ves puissent avoir acc\u00e8s \u00e0 un contenu adapt\u00e9 \u00e0 chacun), des adaptations ainsi que certaines interventions sp\u00e9cifiques peuvent donc \u00eatre propos\u00e9es pour soutenir l\u2019apprentissage et la r\u00e9ussite des jeunes HPI (voir, notamment, Gauvrit, 2014 ; Robertson &amp; Pfeiffer, 2016 ; Mass\u00e9 et al., 2017 ; Martineau-Cr\u00e8te et al., 2018 ; Mass\u00e9 et al., 2019).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-706\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image12-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"706\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image12-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image12-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image12.jpg 461w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nSi les crit\u00e8res permettant d\u2019identifier le TDAH sont identiques pour tous (une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes, associ\u00e9e \u00e0 des retentissements marqu\u00e9s dans diff\u00e9rents milieux de vie, pr\u00e9sents depuis suffisamment longtemps et avant un certain \u00e2ge, et une analyse approfondie permettant d\u2019exclure d\u2019autres causes possibles aux difficult\u00e9s observ\u00e9es) et si les patients qui en souffrent partagent des sp\u00e9cificit\u00e9s similaires et des alt\u00e9rations proches, il existe de tr\u00e8s nombreuses fa\u00e7ons dont ils peuvent diff\u00e9rer les uns des autres (Marquand et al., 2016 ; Brown, 2017).<\/p>\n<p>Ainsi, nous pouvons lister, notamment, des diff\u00e9rences dans la gravit\u00e9 de l\u2019alt\u00e9ration (l\u00e9g\u00e8re, moyenne ou s\u00e9v\u00e8re en fonction de l\u2019intensit\u00e9 des sympt\u00f4mes et des probl\u00e8mes engendr\u00e9s dans le quotidien), dans l\u2019\u00e2ge d\u2019apparition des sympt\u00f4mes (les manifestations pouvant apparaitre avant l\u2019\u00e2ge de 6 ans, pendant la p\u00e9riode scolaire, durant l\u2019adolescence, lors de l\u2019entr\u00e9e en sup\u00e9rieur ou seulement \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte), dans la persistance ou la r\u00e9mission des sympt\u00f4mes au fil du temps (les retentissements li\u00e9s au TDAH pouvant diminuer significativement &#8211; voire disparaitre &#8211; au fil du temps ou, au contraire, persister et continuer d\u2019entraver le fonctionnement d\u2019un individu tout au long de sa vie), mais \u00e9galement au niveau des manifestations ou particularit\u00e9s observ\u00e9es (inattention pr\u00e9dominante, agitation ou impulsivit\u00e9 pr\u00e9dominante, probl\u00e8mes de comportements en avant-plan, etc.). (Brown, 2017)<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, plusieurs auteurs proposent de parler d\u2019un spectre du TDAH pour pouvoir faire \u00e9tat de de la diversit\u00e9 des profils et de la multiplicit\u00e9 des manifestations, ainsi que de leur \u00e9volution au fil du temps (variabilit\u00e9 inter- et intra-personnelle). (Brown, 2017 ; Barkley, 2018).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-708\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image14-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"708\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image14-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image14-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image14.jpg 376w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nBien que le QI ne permette pas, \u00e0 lui seul, de r\u00e9pondre ad\u00e9quatement aux besoins d\u2019un individu, il repr\u00e9sente un \u00e9l\u00e9ment primordial et n\u00e9cessaire pour pouvoir identifier un haut potentiel intellectuel (Brasseur et Cuche, 2021). L\u2019identification d\u2019un HPI ne peut donc pas faire l\u2019impasse sur la passation d\u2019un test d\u2019intelligence valid\u00e9 (les mesures les plus utilis\u00e9es actuellement \u00e9tant les \u00e9chelles de Weschler).<\/p>\n<p>Actuellement, le seuil de 130 (quotient intellectuel sup\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 130) semble faire consensus aupr\u00e8s des professionnels et experts. N\u00e9anmoins, Il est \u00e0 consid\u00e9rer comme un point de rep\u00e8re sur la variable continue qu\u2019est l\u2019intelligence et non comme une fronti\u00e8re (o\u00f9 l\u2019intelligence d\u2019avant 130 serait diff\u00e9rente de celle d\u2019apr\u00e8s 130).<\/p>\n<p>Il est imp\u00e9ratif, par ailleurs, de garder en t\u00eate que la mesure obtenue \u00e0 un test de QI doit toujours faire l\u2019objet d\u2019une interpr\u00e9tation par un praticien form\u00e9 ! Les r\u00e9sultats doivent \u00eatre nuanc\u00e9s en tenant compte de diverses variables (erreurs de mesure, dispersion des scores aux \u00e9preuves, observations faites durant la passation, informations r\u00e9colt\u00e9es lors de l\u2019anamn\u00e8se et de l\u2019entretien, etc.) et ne peuvent, \u00e0 eux seuls, r\u00e9sumer ou d\u00e9finir le fonctionnement d\u2019un individu.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, si la passation d\u2019un test de QI repr\u00e9sente un \u00e9l\u00e9ment central dans la d\u00e9marche d\u2019identification du HPI et la seule m\u00e9thode v\u00e9ritablement pertinente actuellement, elle n\u2019en reste pas moins une estimation \u00e0 un instant T des capacit\u00e9s intellectuelles d\u2019une personne. Cette mesure ne peut, en outre, pas \u00eatre isol\u00e9e d\u2019une \u00e9valuation plus globale visant \u00e0 comprendre le mode de fonctionnement g\u00e9n\u00e9ral d\u2019un individu en vue de r\u00e9pondre \u00e0 une \u00e9ventuelle demande d\u2019aide ou d\u2019accompagnement. (Gr\u00e9goire, 2019 ; Brasseur et Cuche, 2021 ; Gr\u00e9goire in Gauvrit &amp; Clobert, 2021)<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-709\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image15-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"709\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image15-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image15-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image15.jpg 412w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLes \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es sur la population HPI tendent plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9montrer le contraire : les habilet\u00e9s intellectuelles plus \u00e9lev\u00e9es seraient corr\u00e9l\u00e9es avec de meilleures capacit\u00e9s d\u2019adaptation et, par cons\u00e9quent, un moindre risque de pr\u00e9senter un probl\u00e8me de sant\u00e9 mentale (anxi\u00e9t\u00e9, d\u00e9pression, troubles du comportement, TDAH, etc.). Un haut niveau de quotient intellectuel serait donc un facteur de protection plut\u00f4t qu\u2019un facteur de risque de pr\u00e9senter des troubles associ\u00e9s (Antshel et al., 2008 ; Gao et al., 2015 ; Murray &amp; Farrington, 2010 ; Martin et al, 2010 ; Keyes et al. 2017).<\/p>\n<p>Notons que les \u00e9tudes d\u00e9montrent \u00e9galement que les individus pr\u00e9sentant un HPI affichent une estime d\u2019eux-m\u00eames l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la population normale (Hoge &amp; Renzulli, 1983) et un niveau de satisfaction de leur vie au m\u00eame niveau que leurs pairs (Bergold et al., 2015).<\/p>\n<p>Cela ne signifie, bien s\u00fbr, pas que les personnes HPI ne souffrent jamais ou ne pr\u00e9sentent aucune difficult\u00e9, ni trouble, mais plut\u00f4t que ces aspects ne seraient pas directement en lien avec le haut potentiel en tant que tel et que le fait de disposer de capacit\u00e9s intellectuelles plus \u00e9lev\u00e9es ne repr\u00e9sente pas un risque accru de rencontrer plus de difficult\u00e9s.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-710\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image16-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"710\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image16-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image16-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image16.jpg 393w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nBien que l\u2019id\u00e9e que les personnes HPI pr\u00e9sentent un fonctionnement \u00e9motionnel particulier soit encore largement v\u00e9hicul\u00e9e aujourd\u2019hui, tant dans la population g\u00e9n\u00e9rale que dans les m\u00e9dias et aupr\u00e8s de certains professionnels, de tr\u00e8s nombreuses \u00e9tudes ont d\u00e9menti cette affirmation. Les donn\u00e9es actuelles d\u00e9montrent, en effet, que les personnes \u00e0 haut potentiel ne rencontrent pas plus de difficult\u00e9s que les autres en mati\u00e8re de gestion \u00e9motionnelle et pr\u00e9sentent, au contraire, une intelligence \u00e9motionnelle d\u00e9velopp\u00e9e qui pourrait les rendre moins vuln\u00e9rables aux d\u00e9sagr\u00e9ments \u00e9motionnels sur certains aspects (Brasseur et al., 2013 ; Brasseur in Gauvrit et Clobert, 2021).<\/p>\n<p>Si l\u2019on s\u2019int\u00e9resse plus sp\u00e9cifiquement \u00e0 la notion d\u2019hypersensibilit\u00e9, il convient, tout d\u2019abord, de clarifier le concept qui est \u00e9galement sujet \u00e0 de nombreux mythes et repr\u00e9sentations*. Deux composantes peuvent \u00eatre distingu\u00e9es dans l\u2019hypersensibilit\u00e9 : la r\u00e9activit\u00e9 \u00e9motionnelle initiale &#8211; essentiellement d\u00e9termin\u00e9e par des facteurs physiologiques et g\u00e9n\u00e9tiques, et repr\u00e9sentant la r\u00e9action initiale d\u2019un individu face \u00e0 une situation potentiellement \u00e9motionnelle (Mikolajczak, 2009) &#8211; et l\u2019intensit\u00e9 subjective affective &#8211; laquelle concerne le traitement cognitif des informations \u00e9motionnelles et influence notre perception d\u2019une situation (Larsen &amp; Diener, 1987). Ici encore, bien que les \u00e9tudes soient beaucoup moins nombreuses, les recherches men\u00e9es ne font \u00e9tat d\u2019aucune diff\u00e9rence significative entre la population HPI et la population ordinaire, tant en ce qui concerne la r\u00e9activit\u00e9 \u00e9motionnelle initiale qu\u2019au niveau de l\u2019intensit\u00e9 subjective affective et le haut potentiel ne serait donc pas associ\u00e9 \u00e0 l\u2019hypersensibilit\u00e9 (Brasseur et Cuche, 2019).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-711\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image17-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"711\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image17-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image17-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image17.jpg 370w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nL\u2019inattention est une manifestation tout \u00e0 fait ordinaire et pr\u00e9sente ponctuellement chez tout un chacun. Lorsqu\u2019elle devient trop fr\u00e9quente, elle peut \u00eatre probl\u00e9matique et entraver le fonctionnement d\u2019un individu, causant de nombreuses difficult\u00e9s et perturbations dans la vie quotidienne. Pour pouvoir parler d\u2019un TDAH, les comportements observ\u00e9s doivent \u00eatre beaucoup plus persistants et handicapants qu\u2019attendu et repr\u00e9senter une r\u00e9elle entrave dans plusieurs domaines de la vie quotidienne. (Brown, 2017)<\/p>\n<p>Toutefois, les probl\u00e8mes de concentration ne sont pas syst\u00e9matiquement d\u00fbs \u00e0 un TDAH en tant que tel et peuvent \u00eatre mis en lien avec un tas d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, qu\u2019il s\u2019agisse de troubles ou pathologies sp\u00e9cifiques (trouble anxieux, trouble d\u00e9pressif, troubles sp\u00e9cifiques des apprentissages, troubles du spectre autistique, etc.) ou d\u2019aspects environnementaux (par exemple, des pr\u00e9occupations familiales, une pr\u00e9carit\u00e9 financi\u00e8re, etc.).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-712\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image18-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"712\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image18-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image18-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image18.jpg 372w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>On a longuement pens\u00e9 que les enfants pr\u00e9sentant un D\u00e9ficit de l\u2019Attention avec ou sans Hyperactivit\u00e9 (TDAH) gu\u00e9rissait spontan\u00e9ment dans le courant de l\u2019adolescence\u2026 Cependant, nombreuses sont les \u00e9tudes qui d\u00e9montrent le contraire et les experts consid\u00e8rent que pr\u00e8s de 70% des enfants souffrant d\u2019un TDAH continuent d\u2019\u00e9prouver des alt\u00e9rations en lien avec le TDAH jusqu\u2019\u00e0 la fin de leur vie (Brown, 2017).<\/p>\n<p>Une \u00e9tude fran\u00e7aise, men\u00e9e en 2014 par le Dr Herv\u00e9 Caci (psychiatre et p\u00e9dopsychiatre sp\u00e9cialis\u00e9 dans le TDAH), \u00e9valuait la pr\u00e9valence du TDAH \u00e0 pr\u00e8s de 3% de la population g\u00e9n\u00e9rale adulte selon les crit\u00e8res de l\u2019\u00e9poque (Gaillac &amp; Vera, 2016). La parution du DSM-5 (derni\u00e8re \u00e9dition du manuel de classification le plus utilis\u00e9 actuellement dans le domaine de la sant\u00e9 mentale) ayant \u00e9largi certains crit\u00e8res diagnostiques, une augmentation significative de la pr\u00e9valence du TDAH chez l\u2019adulte est pr\u00e9sum\u00e9e (Batstra, 2012).<\/p>\n<p>De ce fait et compte tenu \u00e0 la fois de la pr\u00e9valence importante de ce trouble, mais aussi de sa persistance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et des complications que cela peut engendrer pour le sujet qui en souffre, le TDAH est consid\u00e9r\u00e9, par certains, comme un v\u00e9ritable probl\u00e8me de sant\u00e9 publique (Caci, 2021).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-713\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image19-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"713\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image19-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image19-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image19.jpg 351w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nReconnu comme une pathologie de la sant\u00e9 mentale depuis pr\u00e8s de deux si\u00e8cles, le TDAH fait partie des troubles neurod\u00e9veloppementaux si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux nosographies* mondialement reconnues par la communaut\u00e9 scientifique et clinique actuellement (DSM-5 ou CIM-11). Il s\u2019agit donc d\u2019un dysfonctionnement qui a des origines biologiques et physiologiques, en partie inn\u00e9es, et dont les manifestations apparaissent dans la p\u00e9riode de d\u00e9veloppement et perdurent tout au long de la vie.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il soit commun\u00e9ment admis que le trouble est le r\u00e9sultat de facteurs g\u00e9n\u00e9tiques ET environnementaux (Faraone et al., 2015), il ne peut en aucun cas \u00eatre imput\u00e9 \u00e0 une mauvaise \u00e9ducation ou \u00e0 des pratiques parentales inadapt\u00e9es (ces \u00e9l\u00e9ments \u00e0 eux-seuls ne pouvant expliquer l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de la probl\u00e9matique associ\u00e9e au TDAH).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-714\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image20-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"714\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image20-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image20-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image20.jpg 348w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 comme un facteur de protection (Keyes et al., 2017) plut\u00f4t que comme un probl\u00e8me en soi, le Haut Potentiel Intellectuel n\u2019est pas reconnu comme une pathologie ou en trouble en tant que tel. Il n\u2019est, en outre, pas associ\u00e9 de fa\u00e7on syst\u00e9matique \u00e0 des signes particuliers (symptomatologie) ou des difficult\u00e9s sp\u00e9cifiques (retentissement), crit\u00e8res n\u00e9cessaires pour pouvoir parler d\u2019une maladie (en sant\u00e9 mentale ou en m\u00e9decine classique).<\/p>\n<p>Ainsi, bon nombre de professionnels et experts du sujet s\u2019accordent pour parler d\u2019identification du haut potentiel ou d\u2019un fonctionnement sp\u00e9cifique \u00e0 la personne et non de diagnostic, ceci afin d\u2019\u00e9viter, notamment, d\u2019associer le HPI \u00e0 un trouble, un dysfonctionnement, une maladie ou une pathologie. (Brasseur et Cuche, 2021 ; Gr\u00e9goire in Gauvrit &amp; Clobert, 2021).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-715\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image21-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"715\" srcset=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image21-300x300.jpg 300w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image21-150x150.jpg 150w, https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image21.jpg 390w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\nLe TDAH est avant tout un trouble de la r\u00e9gulation (Brown, 2017 &#8211; pour n&rsquo;en citer qu&rsquo;un). Il est caract\u00e9ris\u00e9 par un dysfonctionnement des fonctions ex\u00e9cutives* qui affecte l\u2019ensemble du fonctionnement d\u2019un individu, tant sur le plan cognitif qu\u2019au niveau comportemental ou \u00e9motionnel, et entrave son efficacit\u00e9 dans la vie de tous les jours.<\/p>\n<p>Cependant, cela ne signifie pas que les enfants qui en souffrent sont incapables de se concentrer ou de rester tranquille, mais plut\u00f4t qu\u2019ils peinent \u00e0 r\u00e9guler, adapter ou contr\u00f4ler les moments o\u00f9 ils pourront faire preuve d\u2019efficacit\u00e9. Ils seront, en outre, nettement plus sensibles que les autres \u00e0 l&rsquo;attrait et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la t\u00e2che pr\u00e9sent\u00e9e et pourront se mobiliser davantage si l\u2019activit\u00e9 leur procure un r\u00e9el plaisir ; ils peuvent alors faire preuve d\u2019une concentration et d\u2019un calme impressionnants comparativement \u00e0 d\u2019autres moments, sans pour autant que cela ne remette le diagnostic en question.<\/p>\n<p>*Les fonctions ex\u00e9cutives sont des fonctions cognitives de haut niveau qui nous permettent de r\u00e9guler efficacement nos actions. Elles englobent, notamment, l\u2019inhibition, le contr\u00f4le attentionnel, la planification, le contr\u00f4le de la t\u00e2che en cours d\u2019action, la possibilit\u00e9 de se r\u00e9ajuster en fonction de l\u2019objectif \u00e0 atteindre, etc<\/p>\n<p>Merci au site neurotransmetteurs.be pour ces pr\u00e9cieux rappels \u2026[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><div class=\"et_pb_section et_pb_section_0 et_section_regular\" >\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t<\/div><div class=\"et_pb_row et_pb_row_0 et_pb_row_empty\">\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t<\/div><div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_0  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t\t\n\t\t\t<\/div> Durant de nombreuses ann\u00e9es, le syndrome que l\u2019on d\u00e9finit aujourd\u2019hui comme un TDAH \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un probl\u00e8me chronique de comportements perturbateurs chez certains enfants. Ces derniers (majoritairement des gar\u00e7ons si l\u2019on en croit les premi\u00e8res descriptions qui en ont \u00e9t\u00e9 faites) \u00e9taient vus comme turbulents, incapables de tenir en place, caract\u00e9riels et beaucoup [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":719,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"<img class=\"alignnone size-medium wp-image-691\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"691\" \/>\r\nDurant de nombreuses ann\u00e9es, le syndrome que l\u2019on d\u00e9finit aujourd\u2019hui comme un TDAH \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un probl\u00e8me chronique de comportements perturbateurs chez certains enfants. Ces derniers (majoritairement des gar\u00e7ons si l\u2019on en croit les premi\u00e8res descriptions qui en ont \u00e9t\u00e9 faites) \u00e9taient vus comme turbulents, incapables de tenir en place, caract\u00e9riels et beaucoup plus n\u00e9gligents et p\u00e9nibles pour les parents et autres adultes qui les encadraient.\r\n\r\nCe n\u2019est qu\u2019avec l\u2019arriv\u00e9e de la 3\u00e8me r\u00e9vision du DSM (APA, 1980) que les probl\u00e8mes d\u2019attention ont \u00e9t\u00e9 davantage reconnus ; ils furent alors consid\u00e9r\u00e9s comme faisant partie int\u00e9grante du trouble et pouvant d\u2019ailleurs se manifester avec ou sans comportement hyperactif \/ impulsif associ\u00e9. Ainsi, s\u2019il est vrai que le TDAH peut \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 des manifestations comportementales probl\u00e9matiques, ainsi que des attitudes d\u2019opposition ou de provocation, ces derni\u00e8res ne sont aujourd\u2019hui pas consid\u00e9r\u00e9es comme caract\u00e9ristiques ou sp\u00e9cifiques \u00e0 ce trouble, bon nombre de personnes identifi\u00e9es comme TDAH n\u2019ont jamais pr\u00e9sent\u00e9 de probl\u00e8mes de comportement. (Brown, 2019)\r\n\r\nNotons, toutefois, que de nombreuses recherches men\u00e9es durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie indiquent que les personnes souffrant de TDAH \u00e9prouvent des difficult\u00e9s sur le plan de la gestion \u00e9motionnelle, et plus particuli\u00e8rement en ce qui concerne la tol\u00e9rance \u00e0 la frustration (Barkley &amp; Fischer, 2010 ; Purper-Ouakil &amp; Franc, 2011 ; Surman et al., 2013 ; Villemonteix &amp; Purper-Ouakil, 2015). Les patients ou leur entourage d\u00e9crivent souvent des difficult\u00e9s chroniques dans la gestion de la col\u00e8re et de la frustration, de la d\u00e9ception, du d\u00e9sir ou de l\u2019inqui\u00e9tude, ces \u00e9motions ayant tendance \u00e0 \u00eatre envahissantes et \u00e0 emp\u00eacher l\u2019utilisation ad\u00e9quate de la pens\u00e9e ou des ressources cognitives (Brown, 2019). En outre, la comorbidit\u00e9 entre le TDAH et un trouble du comportement de type trouble oppositionnel avec provocation (ou TOP) est tr\u00e8s fr\u00e9quente et s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 pr\u00e8s de 50% (ainsi, pr\u00e8s d\u2019un enfant sur deux qui souffre d\u2019un TDAH pr\u00e9sente \u00e9galement un TOP). Ce constat concerne davantage les enfants qui affichent un TDAH \u00e0 pr\u00e9dominance hyperactive et impulsive ou de type mixte et sugg\u00e8re l\u2019existence de facteurs de risque et de dysfonctionnements communs aux deux troubles (Burns, 2014 ; Bange, 2014). Ceux-ci sont, n\u00e9anmoins, distincts et peuvent donc exister l\u2019un sans l\u2019autre.\r\n\r\nL\u2019analyse et la description d\u00e9taill\u00e9e du fonctionnement d\u2019un individu apparaissent, par cons\u00e9quent, indispensables pour appr\u00e9cier ses forces et difficult\u00e9s de celui-ci de fa\u00e7on pr\u00e9cise et orienter au mieux les interventions et prises en charge les plus adapt\u00e9es pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-696\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image2-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"696\" \/>\r\nSi l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux premi\u00e8res \u00e9tudes men\u00e9es sur la pr\u00e9valence du TDAH, le ratio gar\u00e7on \/ fille \u00e9tait estim\u00e9 \u00e0 6 pour 1, soit six fois plus de gar\u00e7ons que de filles (Martin et al., 2018). Les donn\u00e9es s\u2019appuyaient, toutefois, exclusivement sur les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9colt\u00e9s via des milieux cliniques (h\u00f4pitaux et centres de consultations psychiatriques) et souffraient donc d\u2019un biais d'\u00e9chantillonnage important (Brown, 2019).\r\n\r\nDes recherches \u00e9pid\u00e9miologiques ult\u00e9rieures bas\u00e9es sur des enqu\u00eates aupr\u00e8s d\u2019\u00e9chantillons de la population g\u00e9n\u00e9rale ont ensuite rapport\u00e9 un ratio plus proche de trois gar\u00e7ons pour une fille. Cette proportion s\u2019\u00e9quilibre, n\u00e9anmoins, lorsque la pr\u00e9valence du trouble est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et le ratio est alors plus proche d\u2019un homme pour une femme (Bange, 2014 ; Kooij et al., 2018; Brown, 2019 ; Caci, 2021).\r\n\r\nCes r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que bon nombre de filles ne sont pas diagnostiqu\u00e9es avant l\u2019\u00e2ge adulte (Kooij et al., 2018 ; Brown, 2019). Plusieurs \u00e9l\u00e9ments pourraient expliquer cela. Tout d\u2019abord, le fait que la plupart des filles souffrant de TDAH sont moins agit\u00e9es et perturbatrices que les gar\u00e7ons durant l\u2019enfance et peuvent donc passer plus inaper\u00e7ues. Les filles affichent, en effet, davantage la pr\u00e9sentation inattention pr\u00e9dominante (Wellcutt, 2012) et manifestent moins de sympt\u00f4mes d'hyperactivit\u00e9, ce qui pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme moins probl\u00e9matique par l\u2019entourage et limiter, de ce fait, le recours \u00e0 des interventions ou des consultations sp\u00e9cialis\u00e9es menant \u00e0 un diagnostic.\r\n\r\nD\u2019autre part, le taux d\u2019erreurs diagnostiques appara\u00eet significativement plus \u00e9lev\u00e9 chez les filles et les femmes et les manifestations rapport\u00e9es par celles-ci sont fr\u00e9quemment associ\u00e9es \u00e0 d\u2019autres troubles plut\u00f4t qu\u2019au TDAH. Ainsi, l\u2019inattention, la distraction, les oublis seront plus facilement consid\u00e9r\u00e9s comme sympt\u00f4mes d\u2019une \u00e9motivit\u00e9 exacerb\u00e9e, d\u2019un trouble anxieux ou d\u2019une d\u00e9pression que comme relevant d\u2019un D\u00e9ficit de l\u2019Attention avec ou sans Hyperactivit\u00e9 (Martin et al., 2018).\r\n\r\nPourtant, les \u00e9tudes men\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es soulignent qu\u2019aucune diff\u00e9rence significative n\u2019est observ\u00e9e en ce qui concerne les sympt\u00f4mes \u00e9prouv\u00e9s, le fonctionnement cognitif ou psychosocial, ni m\u00eame en ce qui concerne les comorbidit\u00e9s souvent associ\u00e9es au TDAH (Biederman et al., 2010 ; Hinshaw et al., 2012 ; Brown, 2019).\r\n\r\nEnfin, notons que la pr\u00e9valence globale du trouble tend \u00e0 diminuer avec l\u2019\u00e2ge. On estime, ainsi, \u00e0 pr\u00e8s de 5% le nombre d\u2019enfants TDAH, tous pays d\u2019origine et tous niveaux socio-\u00e9conomiques confondus et \u00e0 environ 3% le nombre d\u2019adultes souffrant de ce trouble (Polanczyk, 2007 ; Bange, 2014 ; Caci, 2021). Ces donn\u00e9es, expliqu\u00e9es notamment par le taux de r\u00e9mission du TDAH, peuvent \u00e9galement rendre compte du r\u00e9-\u00e9quilibrage du ratio homme \/ femme.\r\n\r\nLes recherches actuelles invitent donc \u00e0 une certaine prudence lorsque l\u2019on consid\u00e8re la pr\u00e9valence du TDAH en fonction du sexe et tendent \u00e0 d\u00e9mentir l\u2019id\u00e9e selon laquelle le TDAH touche significativement plus de gar\u00e7ons que de filles.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-697\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image3-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"697\" \/>\r\nLe st\u00e9r\u00e9otype de l\u2019enfant TDAH d\u00e9crit comme turbulent, constamment inattentif et sans cesse en mouvements, d\u00e9sob\u00e9issant et brusque est encore (trop) souvent pr\u00e9sent dans le sens commun. Si ces manifestations peuvent \u00eatre associ\u00e9es au D\u00e9ficit de l\u2019Attention avec ou sans Hyperactivit\u00e9, elles ne sont pas, pour autant, syst\u00e9matiques ou permanentes et doivent donc \u00eatre nuanc\u00e9es.\r\n\r\nEn effet, beaucoup d\u2019individus ayant \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s TDAH n\u2019ont jamais pr\u00e9sent\u00e9 de probl\u00e8me de comportement significatif et certains ne manifesteront jamais d\u2019agitation excessive. En outre, bon nombre d\u2019enfants ayant pr\u00e9sent\u00e9 de l\u2019hyperactivit\u00e9 verront leur agitation et leur besoin de bouger nettement diminuer \u00e0 partir de l\u2019adolescence (Brown, 2019).\r\n\r\nLes principaux dysfonctionnements du TDAH concernent les fonctions ex\u00e9cutives et le syst\u00e8me de \u201cgestion\u201d du cerveau (Barkley, 2015 ; Brown, 2019), lesquels g\u00e9n\u00e8rent des difficult\u00e9s qui peuvent \u00eatre cognitives, comportementales et \u00e9motionnelles. L\u2019hyperactivit\u00e9 et l\u2019impulsivit\u00e9, tout comme l\u2019inattention, seraient donc les manifestations observables de ce d\u00e9faut de gestion et d\u2019auto-r\u00e9gulation (d\u00e9ficit d\u2019inhibition) cons\u00e9quent au dysfonctionnement ex\u00e9cutif.\r\n\r\nLa fr\u00e9quence et l\u2019intensit\u00e9 de cette triade centrale de sympt\u00f4mes (inattention, hyperactivit\u00e9 et impulsivit\u00e9) varie, toutefois, d\u2019un individu \u00e0 l\u2019autre, g\u00e9n\u00e9rant une tr\u00e8s grande vari\u00e9t\u00e9 de \u201cprofils TDAH\u201d (Marquand et al., 2016), lesquels sont regroup\u00e9s en trois pr\u00e9sentations : inattentive pr\u00e9dominante, hyperactive \/ impulsive pr\u00e9dominante et combin\u00e9e. Ces trois types ne sont, cependant, pas stables dans le temps, d\u2019assez nombreux individus passant de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre au cours de leur d\u00e9veloppement (Vantalon, 2014 ; Bange, 2014). Ainsi, les sympt\u00f4mes peuvent tant\u00f4t s\u2019aggraver, s\u2019att\u00e9nuer ou dispara\u00eetre\u2026\r\n\r\nLes recherches centr\u00e9es sur l\u2019analyse de la trajectoire d\u00e9veloppementale du TDAH (c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9volution des manifestations associ\u00e9es au trouble au cours de la vie d\u2019un individu) s\u2019accordent sur la grande variabilit\u00e9 de la triade symptomatique et de ses expressions au cours du temps chez un m\u00eame individu (Vantalon, 2014 ; Franke et al., 2019), mais \u00e9galement sur leur grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 inter-individuelle (Asherson &amp; Agnew-Blais, 2019). Pour exemple, nous pouvons nommer le remaniement symptomatique r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9 durant l\u2019adolescence o\u00f9 l\u2019hyperactivit\u00e9 devient souvent plus s\u00e9lective ou int\u00e9rioris\u00e9e (Gollier-Briant et al., 2018 ; Brown, 2019).\r\n\r\nNotons, par ailleurs, que les manifestations ne sont pas constantes, certaines situations ou activit\u00e9s (typiquement lorsque celles-ci pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 ou procurent un r\u00e9el plaisir) permettant un meilleur contr\u00f4le de celles-ci, sans pour autant que cela ne remette en question le diagnostic \u00e9tabli (Brown, 2017).\r\n\r\nPar cons\u00e9quent, en ce centrant sur l\u2019hyperactivit\u00e9, il y a lieu de pr\u00e9ciser, d\u2019une part, que tous les individus ayant un diagnostic de TDAH ne manifestent pas automatiquement d\u2019hyperactivit\u00e9 et, d\u2019autre part, que l\u2019hyperactivit\u00e9 est elle-m\u00eame \u00e9volutive et peut s\u2019att\u00e9nuer, dispara\u00eetre ou se modifier dans certaines situations et au cours de la vie d\u2019un patient.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-698\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image4-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"698\" \/>\r\nLe terme \u201cmultidys\u201d notamment d\u00e9velopp\u00e9 par Mazeau et Pouhet (en 2005, puis \u00e0 nouveau en 2014) est utilis\u00e9 pour d\u00e9crire une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes, mais n\u2019est actuellement pas reconnu comme une entit\u00e9 sp\u00e9cifique par la communaut\u00e9 scientifique. Il n\u2019apparait, en effet, dans aucune nosographie et n\u2019est donc pas consid\u00e9r\u00e9 comme un diagnostic ou une pathologie en tant que tel.\r\n\r\nEn proposant ce terme, les auteurs ont voulu insister sur la r\u00e9guli\u00e8re confusion entre les sympt\u00f4mes observables (consid\u00e9r\u00e9s comme des manifestations \u201csecondaires\u201d ou la cons\u00e9quence d\u2019un trouble sous-jacent) et l\u2019origine \/ la cause de ces manifestations (le diagnostic primaire) (Mazeau et Pouhet, 2005). L\u2019appellation \u201cmultidys\u201d vise donc \u00e0 d\u00e9crire la pr\u00e9sence de difficult\u00e9s, manifestations ou dysfonctionnements multiples (en lecture, en \u00e9criture, en raisonnement math\u00e9matique, au niveau praxique, sur le plan attentionnel et ex\u00e9cutif, etc.), mais ne permet pas d\u2019en comprendre la provenance ou le(s) trouble(s) sp\u00e9cifique(s) sous-jacent(s). De ce fait, les possibilit\u00e9s d\u2019intervention s\u2019en trouvent limit\u00e9es ou incompl\u00e8tes, non seulement parce qu\u2019on ne traitera pas un sympt\u00f4me \/ une difficult\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re en fonction de son origine, mais \u00e9galement parce qu\u2019une telle d\u00e9nomination ne permet pas de sp\u00e9cifier l\u2019aide \u00e0 apporter (au contraire d\u2019un diagnostic clair qui aide \u00e0 l\u2019identification des interventions consid\u00e9r\u00e9es comme les plus efficaces).\r\n\r\nPrenons l\u2019exemple d\u2019un \u201cd\u00e9ficit de la lecture\u201d observ\u00e9 par l\u2019entourage et objectiv\u00e9 par une s\u00e9rie de tests. \u00c0 ce stade, il ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que comme un sympt\u00f4me : une manifestation repr\u00e9sentant une difficult\u00e9 dans le fonctionnement d\u2019une personne. C\u2019est en d\u00e9terminant son origine (ou le diagnostic) que l\u2019on pourra ensuite identifier le type de r\u00e9\u00e9ducation \u00e0 privil\u00e9gier : si celui-ci est la cons\u00e9quence d\u2019un trouble sp\u00e9cifique de l\u2019apprentissage (dyslexie), l\u2019accompagnement th\u00e9rapeutique et les interventions \u00e0 envisager seront significativement diff\u00e9rents que s\u2019il est \u00e0 mettre en lien avec un TDAH, un trouble anxieux, voire m\u00eame des probl\u00e8me visuels ou orthoptiques.\r\n\r\nIl y a donc lieu de faire la distinction entre les processus d\u00e9faillants \u00e0 l\u2019origine (diagnostic primaire) et leurs cons\u00e9quences (sympt\u00f4mes ou manifestations) qui, elles, peuvent \u00eatre multiples puisqu\u2019un diagnostic unique peut entra\u00eener une myriade de sympt\u00f4mes diff\u00e9rents (Mazeau et Pouhet, 2005 ; Habib, 2014). Outre le risque de proposer des pistes d\u2019aides qui s'av\u00e8reront vaines ou moins efficaces, l\u2019absence d\u2019un diagnostic primaire clair augmente \u00e9galement le risque d\u2019affubler un patient d\u2019un trop grand nombre d\u2019\u201d\u00e9tiquettes\u201d, lesquelles pourraient se r\u00e9v\u00e9ler inadapt\u00e9es voire contre-productives.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-699\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image5-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"699\" \/>\r\nSi l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la d\u00e9finition m\u00eame du terme, un syndrome est d\u00e9crit comme un \u201censemble de plusieurs sympt\u00f4mes ou signes en rapport avec un \u00e9tat pathologique donn\u00e9 et permettant, par leur groupement, d'orienter le diagnostic\u201d (dictionnaire Larousse). Il est donc caract\u00e9ris\u00e9 par une s\u00e9rie de manifestations ou modifications morphologiques, fonctionnelles et\/ou biologiques de l\u2019organisme qui forment une entit\u00e9 reconnaissable, mais sans s\u2019int\u00e9resser sp\u00e9cifiquement \u00e0 leur origine ou leur cause.\r\n\r\nLe diagnostic, quant \u00e0 lui, repr\u00e9sente un acte m\u00e9dical qui permet de pr\u00e9ciser la nature m\u00eame des difficult\u00e9s d\u2019un patient. Il se base, notamment, sur l\u2019observation et l\u2019identification de l\u2019ensemble des manifestations qui posent des difficult\u00e9s et caract\u00e9risent le fonctionnement d\u2019un patient \u00e0 un temps donn\u00e9, mais ne s\u2019y limite pas. Il tient compte d\u2019autres param\u00e8tres (notamment, la temporalit\u00e9, les retentissements et l\u2019exclusion d\u2019autres causes possibles) qu\u2019il est indispensable d\u2019investiguer.\r\n\r\nLe syndrome dysex\u00e9cutif peut donc \u00eatre d\u00e9fini comme un ensemble de perturbations des fonctions ex\u00e9cutives (par exemple, difficult\u00e9 \u00e0 initier une action ou l\u2019arr\u00eater en temps voulu, \u00e0 maintenir un objectif ou finir ce qui a \u00e9t\u00e9 commenc\u00e9, \u00e0 coordonner plusieurs t\u00e2ches, \u00e0 planifier ou r\u00e9soudre un probl\u00e8me, \u00e0 r\u00e9guler l\u2019humeur \/ les \u00e9motions, \u00e0 faire preuve d\u2019auto-contr\u00f4le, etc.), lesquelles impactent le quotidien d\u2019un individu et posent probl\u00e8me dans la vie de tous les jours, mais il ne permet pas de pr\u00e9ciser l\u2019origine de ces difficult\u00e9s.\r\n\r\nIl est commun\u00e9ment admis que ces fonctions peuvent \u00eatre perturb\u00e9es dans de nombreuses pathologies, telles que des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales acquises, des l\u00e9sions ant\u00e9- ou p\u00e9rinatales, des troubles neurod\u00e9veloppementaux, certaines pathologies neurog\u00e9n\u00e9tiques mais \u00e9galement dans diverses pathologies psychiatriques (pour une revue syst\u00e9matique, voir, notamment, Roy et al., 2017).\r\n\r\nEn sant\u00e9 mentale, plus sp\u00e9cifiquement, les (tr\u00e8s) nombreuses \u00e9tudes men\u00e9es sur le sujet d\u00e9montrent un dysfonctionnement des fonctions ex\u00e9cutives dans la plupart des troubles reconnus actuellement, notamment les troubles neurod\u00e9veloppementaux (TDAH, trouble du spectre de l\u2019autisme, troubles sp\u00e9cifiques des apprentissages, trouble de la coordination \/ dyspraxie, d\u00e9ficience intellectuelle, etc.) les troubles disruptifs, du contr\u00f4le, des conduites et des impulsions (trouble oppositionnel avec provocation, trouble des conduites, personnalit\u00e9 antisociale), les troubles internalis\u00e9s (troubles d\u00e9pressifs et troubles de l\u2019humeur, troubles anxieux, troubles obsessionnels compulsifs), les troubles alimentaires ou encore les addictions (pour n\u2019en citer que quelques-uns : Landis et al., 2020 ; Yochim et al., 2013 ; Gustavson et al., 2017 ; Demetriou et al., 2018).\r\n\r\nNotons, par ailleurs, qu\u2019\u00e0 ce jour, aucun \u201cprofil sp\u00e9cifique\u201d n\u2019a pu \u00eatre identifi\u00e9 dans le dysfonctionnement ex\u00e9cutif (Miyake et al., 2015). Celui-ci ne permet donc pas de diff\u00e9rencier les pathologies entre elles.\r\n\r\nPar cons\u00e9quent, l\u2019identification d\u2019un syndrome dysex\u00e9cutif ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une pathologie en soi et se substituer \u00e0 un diagnostic, ce dernier restant indispensable pour comprendre plus pr\u00e9cis\u00e9ment le fonctionnement d\u2019un individu et sa nature, mais \u00e9galement pour orienter au mieux les interventions et prises en charge les plus adapt\u00e9es.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-700\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image6-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"700\" \/>\r\nSouvent diabolis\u00e9s - voire invectiv\u00e9s -, les \u00e9crans sont consid\u00e9r\u00e9s comme responsables de nombreux maux, particuli\u00e8rement chez les enfants et les adolescents. Ils sont, ainsi, notamment accus\u00e9s d\u2019augmenter le risque de d\u00e9velopper une pathologie, comme le TDAH, lorsqu\u2019ils sont utilis\u00e9s trop t\u00f4t dans le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant, trop souvent ou trop longtemps.\r\n\r\nActuellement, toutefois, les donn\u00e9es issues de diff\u00e9rentes m\u00e9ta-analyses ayant \u00e9tudi\u00e9 le lien entre l\u2019utilisation des \u00e9crans et les comportements en lien avec le TDAH ne sugg\u00e8rent qu\u2019une relation faible entre ces deux \u00e9l\u00e9ments (Nikkelen et al., 2014 ; Beyens et al., 2018).\r\nDans une \u00e9tude men\u00e9e en 2010, par exemple, Foster et Watkins ont cherch\u00e9 \u00e0 estimer le temps d\u2019exposition n\u00e9cessaire aux \u00e9crans pour constater des probl\u00e8mes attentionnels chez les enfants. Les r\u00e9sultats mettaient en \u00e9vidence qu\u2019il faut, en moyenne, 7h d\u2019exposition par jour entre 1 an et 3 ans pour que des difficult\u00e9s attentionnelles soient observ\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 7 ans. Dans un tel cas, toutefois, la surexposition pourrait n\u2019\u00eatre qu\u2019un sympt\u00f4me d\u2019un dysfonctionnement familial plus large et une analyse syst\u00e9mique appara\u00eet indispensable pour comprendre les causes sous-jacentes aux difficult\u00e9s observ\u00e9es\u2026 Le TDAH ne serait donc sans doute pas l\u2019hypoth\u00e8se principale dans l\u2019explication des difficult\u00e9s de l\u2019enfant.\r\n\r\nPlus que le temps d\u2019\u00e9cran en tant que tel, c\u2019est le contenu auquel l\u2019enfant est confront\u00e9 et la pratique qui est faite de l\u2019outil qui semblent \u00eatre davantage d\u00e9terminants dans l\u2019analyse du risque relatif \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Dans un article paru r\u00e9cemment dans Le Monde, Vanessa Lalo (psychologue sp\u00e9cialis\u00e9e dans les pratiques num\u00e9riques) soulignait, \u00e0 juste titre : \u201cune personne peut passer quatorze heures par jour \u00e0 regarder des vid\u00e9os de pandas qui p\u00e8tent, une autre passera quatorze heures \u00e0 lire des pages Wikip\u00e9dia ou \u00e0 regarder des vid\u00e9os p\u00e9dagogiques sur YouTube\u2026 Ils passeront le m\u00eame temps, mais leurs pratiques sont diff\u00e9rentes\u201d (Usages du num\u00e9rique : \u00ab La question du temps d\u2019\u00e9cran, c\u2019est le degr\u00e9 z\u00e9ro de l\u2019analyse \u00bb ; Le Monde, 2021).\r\n\r\nNotons, toutefois, que le d\u00e9ficit ex\u00e9cutif caract\u00e9ristique du fonctionnement des personnes souffrant de TDAH et, plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019impulsivit\u00e9, repr\u00e9sente un risque accru d\u2019engendrer une utilisation abusive ou inadapt\u00e9e de l\u2019\u00e9cran. Les difficult\u00e9s d\u2019inhibition et d\u2019auto-r\u00e9gulation rendent, en effet, la gestion du temps d\u2019\u00e9cran plus complexe et augmentent le risque d\u2019impacts n\u00e9gatifs li\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9cran (addiction, troubles du sommeil et, par extension, intensit\u00e9 de la symptomatologie inattention \/ agitation et irritabilit\u00e9) (Wang et al., 2017 ; Backer et al., 2018 ; Mathews et al., 2018; Cavalli et al., 2021).\r\n\r\nPar cons\u00e9quent, \u00e0 l\u2019heure actuelle, aucun lien de causalit\u00e9 n\u2019a pu \u00eatre mis en \u00e9vidence entre l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9cran et le TDAH (l\u2019\u00e9cran ne peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e0 l\u2019origine d\u2019un TDAH), mais les patients souffrant de TDAH pourraient pr\u00e9senter un risque accru de d\u00e9velopper des probl\u00e9matiques en lien avec l\u2019\u00e9cran. Ici encore, l\u2019\u00e9ducation au trouble offrant des explications claires sur ces dangers et l\u2019importance d\u2019une hygi\u00e8ne de vie saine appara\u00eet donc indispensable pour contourner au maximum ces difficult\u00e9s.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-701\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image7-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"701\" \/>\r\nContrairement \u00e0 l\u2019effet des antibiotiques qui visent \u00e0 soigner une infection, le traitement m\u00e9dicamenteux propos\u00e9 dans les cas de TDAH n\u2019a pas pour objectif de gu\u00e9rir du trouble. Il agit davantage comme une b\u00e9quille visant \u00e0 soutenir certaines fonctions au moment o\u00f9 elle est utilis\u00e9e. Ainsi, \u00e0 l\u2019instar d\u2019une paire de lunettes qui am\u00e9liore la vision lorsqu\u2019elle est port\u00e9e, la Ritaline\u00ae (ainsi que ses cousins l\u2019Equazym\u00ae, le Concerta\u00ae ou le Medikinet\u00ae) permet de diminuer l\u2019intensit\u00e9 des difficult\u00e9s et ce, uniquement durant la p\u00e9riode o\u00f9 le m\u00e9dicament est actif. Pass\u00e9 ce d\u00e9lai d\u2019action, les am\u00e9liorations dispara\u00eetront progressivement. (Brown, 2017).\r\n\r\nLe M\u00e9thylph\u00e9nidate (ou MpH, mol\u00e9cule originale qui compose les traitements psychostimulants habituellement prescrits pour le TDAH) agit donc sur la symptomatologie et vise \u00e0 en diminuer l\u2019intensit\u00e9 (Brown, 2019). L\u2019effet est observable tant sur l\u2019inattention qu\u2019en ce qui concerne l\u2019agitation et l'impulsivit\u00e9 et permet donc une am\u00e9lioration fonctionnelle au niveau des productions et de l\u2019efficacit\u00e9 du patient, mais \u00e9galement de la gestion \u00e9motionnelle et du contr\u00f4le de soi (Bange, 2014) et ce, dans tous les groupes d\u2019\u00e2ge (Cortese et al., 2018a).\r\n\r\nBien qu\u2019il ait montr\u00e9 une nette efficacit\u00e9 dans les cas de TDAH, il est important de noter que ce traitement n\u2019est pas sp\u00e9cifique au TDAH (les difficult\u00e9s ex\u00e9cutives, cibles principales du MpH, \u00e9tant pr\u00e9sentes dans bon nombre de pathologies) et peut \u00e9galement \u00eatre indiqu\u00e9, notamment, dans le traitement de la fatigue chronique, la d\u00e9pression, l\u2019apathie ou la narcolepsie. (Caci, 2021)\r\n\r\nActuellement encore r\u00e9guli\u00e8rement controvers\u00e9, le recours au MpH est n\u00e9anmoins consid\u00e9r\u00e9, par la communaut\u00e9 scientifique, comme une recommandation de premi\u00e8re intention chez les adolescents et adultes qui pr\u00e9sentent un TDAH mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re, compte tenu de l\u2019efficacit\u00e9 marqu\u00e9e observ\u00e9e chez une grande majorit\u00e9 des patients, ainsi que son innocuit\u00e9 sur le long terme (voir, notamment, les guidelines propos\u00e9es par la Nice (2018), le CADDRA ou la derni\u00e8re d\u00e9claration de consensus mondial autour du TDAH (2021)).\r\n\r\nAinsi, les \u00e9tudes s\u2019accordent sur une moyenne de 80% de r\u00e9ponses positives au traitement parmi les patients ayant \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s TDAH (Bange, 2014 ; Brown, 2017). Le b\u00e9n\u00e9fice th\u00e9rapeutique observ\u00e9 est donc important (comparativement au placebo ou \u00e0 l\u2019absence de traitement ou \u00e0 l\u2019utilisation de certaines interventions alternatives) et permettrait \u00e9galement de r\u00e9duire certains risques fr\u00e9quemment associ\u00e9s au TDAH, tels que l\u2019arr\u00eat pr\u00e9coce des \u00e9tudes, l\u2019instabilit\u00e9 professionnelle, l\u2019adoption de comportements \u00e0 risques (consommation de substances, accidents, d\u00e9linquance) (Brown, 2019).\r\n\r\nBien que des effets ind\u00e9sirables puissent se manifester \u00e0 la suite du d\u00e9marrage d\u2019un traitement (les plus fr\u00e9quemment observ\u00e9s \u00e9tant une baisse d\u2019app\u00e9tit, des douleurs abdominales ou des c\u00e9phal\u00e9es), ceux-ci sont consid\u00e9r\u00e9s comme r\u00e9versibles \u00e0 l\u2019arr\u00eat du traitement vu l\u2019absence de s\u00e9quelle et de complication r\u00e9pertori\u00e9es sur plusieurs d\u00e9cennies de prescription \u00e0 large \u00e9chelle (Bange, 2014). Il n\u2019en reste pas moins que le traitement doit faire l\u2019objet d\u2019un suivi r\u00e9gulier aupr\u00e8s d\u2019un sp\u00e9cialiste, lequel proposera une surveillance continue en tenant compte, d\u2019une part, de l\u2019efficacit\u00e9 du traitement dans le quotidien du patient et, d\u2019autre part, de la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9ventuels effets secondaires ind\u00e9sirables (Caci, 2021).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-702\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image8-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"702\" \/>\r\nLa plupart des \u00e9tudes men\u00e9es sur le lien entre le Haut Potentiel Intellectuel et les comp\u00e9tences sociales d\u00e9montrent que les individus pr\u00e9sentant un HPI sont g\u00e9n\u00e9ralement investis plus positivement par leurs pairs et globalement mieux int\u00e9gr\u00e9s dans les milieux qu\u2019ils fr\u00e9quentent et ce, quel que soit l\u2019\u00e2ge (Mouchiroud, 2004).\r\n\r\nNotons, toutefois, que, si les personnes \u00e0 HPI ne sont pas plus \u00e0 risque de pr\u00e9senter des difficult\u00e9s relationnelles ou sociales que les autres, cela ne les emp\u00eache pas d\u2019en rencontrer pour autant. Certains vivent donc des exp\u00e9riences de rejet ou de harc\u00e8lement (voir, notamment, Peters &amp; Bain, 2011), mais la cause de celles-ci est multifactorielle et ne peut donc \u00eatre attribu\u00e9e au haut potentiel uniquement (Brasseur in Gauvrit &amp; Clobert, 2021).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-703\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image9-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"703\" \/>\r\nLes nombreuses recherches men\u00e9es sur le TDAH permettent d\u2019affirmer avec certitude que le TDAH n\u2019est pas une question d\u2019envie ou de volont\u00e9 (voir, notamment, Brown, 2017). Des dysfonctionnements fonctionnels et physiologiques sont constat\u00e9s et, bien que la\/les cause(s) ne soi(en)t pas encore claire(s), diverses hypoth\u00e8ses explicatives font consensus aupr\u00e8s des sp\u00e9cialistes.\r\n\r\nToutefois, la plupart des personnes souffrant de TDAH (ainsi que leur entourage) rapportent ne ressentir aucune difficult\u00e9 dans certaines t\u00e2ches particuli\u00e8res, comme si les perturbations rencontr\u00e9es la plupart du temps (en termes d\u2019attention \/ concentration, de contr\u00f4le de soi et de ses \u00e9motions, d\u2019efficacit\u00e9, de rapidit\u00e9, d\u2019organisation, etc.) disparaissaient lors de certaines activit\u00e9s. Cet aspect est \u00e0 mettre en lien avec la notion d\u2019int\u00e9r\u00eat et de plaisir, \u00e9l\u00e9ments centraux dans le profil des individus TDAH.\r\n\r\nEn effet, s\u2019il est largement reconnu que l\u2019\u00eatre humain peut se montrer plus performant lorsqu\u2019il est motiv\u00e9, int\u00e9ress\u00e9 et qu\u2019il prend plaisir \u00e0 une t\u00e2che, cet \u00e9tat apparait plus marqu\u00e9 encore dans le cas du TDAH en raison des dysfonctionnements qui le caract\u00e9risent (Sonuga-Barke &amp; Fairchild, 2012 ; Brown, 2017 ; Cortese in Bange, 2014). Ainsi, un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9, un plaisir important (ou une peur intense) face \u00e0 une t\u00e2che modifie la biochimie c\u00e9r\u00e9brale du patient TDAH et lui permet de surmonter les probl\u00e8mes habituels qu\u2019il rencontre ; cependant, ce changement n\u2019est pas volontaire ni contr\u00f4l\u00e9 (Brown, 2017).\r\n\r\nCette inconsistance dans la motivation et son impact sur la performance est l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments le plus d\u00e9routant du TDAH, tant pour les patients que pour leur entourage !\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-704\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image10-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"704\" \/>\r\nLes donn\u00e9es issues de diverses recherches men\u00e9es sur le TDAH ont permis de d\u00e9montrer que le D\u00e9ficit de l\u2019Attention\/Hyperactivit\u00e9 n\u2019est pas corr\u00e9l\u00e9 positivement ou n\u00e9gativement au quotient intellectuel (Antshel et al., 2017 ; Brown et al., 2009 et 2011a ; Brown., 2013 ; Rommelse et al., 2017). Ainsi, avoir un QI \u00e9lev\u00e9 n\u2019exclut pas la possibilit\u00e9 d\u2019avoir un TDAH et la symptomatologie ainsi que les difficult\u00e9s (scolaires, familiales, sociales) habituellement associ\u00e9es au TDAH ne varieraient pas en fonction du niveau d\u2019intelligence (Katusic et al., 2011 ; Cadenas et al., 2020 ; Rommelse et al., 2017).\r\n\r\nSoulignons, toutefois, que certains enfants pr\u00e9sentant un haut potentiel intellectuel peuvent pr\u00e9senter des manifestations qui \u201cimitent\u201d la symptomatologie habituellement associ\u00e9e au TDAH (inattention \/ agitation), mais sans que celle-ci ne soit la cons\u00e9quence d\u2019un dysfonctionnement r\u00e9el (les manifestations apparaissent secondaires \u00e0 l\u2019ennui et non en lien avec un d\u00e9ficit en tant que tel).\r\n\r\nA l\u2019inverse, si toutes les personnes souffrant d\u2019un trouble du d\u00e9ficit de l\u2019attention avec ou sans hyperactivit\u00e9 ne pr\u00e9sentent pas n\u00e9cessairement des capacit\u00e9s intellectuelles \u00e9lev\u00e9es (Brown, 2017), le TDAH ne peut pas non plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une cons\u00e9quence d\u2019un manque d\u2019intelligence ou de capacit\u00e9s amoindries dans ce domaine.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-705\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image11-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"705\" \/>\r\nLe quotient intellectuel \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 comme un pr\u00e9dicteur de la r\u00e9ussite et fortement corr\u00e9l\u00e9 aux r\u00e9sultats scolaires, les enfants et adolescents pr\u00e9sentant un HPI (et, donc, un QI sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne) devraient, en toute logique, pr\u00e9senter moins de difficult\u00e9s acad\u00e9miques que leurs pairs tout-venants (Gauvrit in Gauvrit &amp; Clobert, 2021). Les donn\u00e9es issues des recherches scientifiques confirment cela et d\u00e9mentent, par la m\u00eame occasion, l\u2019id\u00e9e que le d\u00e9calage intellectuel v\u00e9cu par les individus \u00e0 haut potentiel pourrait induire un effet n\u00e9gatif de l\u2019intelligence qui contre-carrerait l\u2019impact habituellement positif du QI.\r\n\r\nToutefois, m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas lieu de faire de lien direct et syst\u00e9matique entre le HPI et la pr\u00e9sence de difficult\u00e9s scolaires, cela ne signifie pas que les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 haut potentiel ne pr\u00e9sentent pas des besoins \u00e9ducatifs particuliers ou ne rencontrent jamais des difficult\u00e9s dans leur scolarit\u00e9, certains ayant besoin d\u2019am\u00e9nagements particuliers. Des strat\u00e9gies de diff\u00e9renciation p\u00e9dagogique (qui visent \u00e0 organiser l\u2019enseignement pour que les \u00e9l\u00e8ves puissent avoir acc\u00e8s \u00e0 un contenu adapt\u00e9 \u00e0 chacun), des adaptations ainsi que certaines interventions sp\u00e9cifiques peuvent donc \u00eatre propos\u00e9es pour soutenir l\u2019apprentissage et la r\u00e9ussite des jeunes HPI (voir, notamment, Gauvrit, 2014 ; Robertson &amp; Pfeiffer, 2016 ; Mass\u00e9 et al., 2017 ; Martineau-Cr\u00e8te et al., 2018 ; Mass\u00e9 et al., 2019).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-706\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image12-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"706\" \/>\r\nSi les crit\u00e8res permettant d\u2019identifier le TDAH sont identiques pour tous (une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes, associ\u00e9e \u00e0 des retentissements marqu\u00e9s dans diff\u00e9rents milieux de vie, pr\u00e9sents depuis suffisamment longtemps et avant un certain \u00e2ge, et une analyse approfondie permettant d\u2019exclure d\u2019autres causes possibles aux difficult\u00e9s observ\u00e9es) et si les patients qui en souffrent partagent des sp\u00e9cificit\u00e9s similaires et des alt\u00e9rations proches, il existe de tr\u00e8s nombreuses fa\u00e7ons dont ils peuvent diff\u00e9rer les uns des autres (Marquand et al., 2016 ; Brown, 2017).\r\n\r\nAinsi, nous pouvons lister, notamment, des diff\u00e9rences dans la gravit\u00e9 de l\u2019alt\u00e9ration (l\u00e9g\u00e8re, moyenne ou s\u00e9v\u00e8re en fonction de l\u2019intensit\u00e9 des sympt\u00f4mes et des probl\u00e8mes engendr\u00e9s dans le quotidien), dans l\u2019\u00e2ge d\u2019apparition des sympt\u00f4mes (les manifestations pouvant apparaitre avant l\u2019\u00e2ge de 6 ans, pendant la p\u00e9riode scolaire, durant l\u2019adolescence, lors de l\u2019entr\u00e9e en sup\u00e9rieur ou seulement \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte), dans la persistance ou la r\u00e9mission des sympt\u00f4mes au fil du temps (les retentissements li\u00e9s au TDAH pouvant diminuer significativement - voire disparaitre - au fil du temps ou, au contraire, persister et continuer d\u2019entraver le fonctionnement d\u2019un individu tout au long de sa vie), mais \u00e9galement au niveau des manifestations ou particularit\u00e9s observ\u00e9es (inattention pr\u00e9dominante, agitation ou impulsivit\u00e9 pr\u00e9dominante, probl\u00e8mes de comportements en avant-plan, etc.). (Brown, 2017)\r\n\r\nPar cons\u00e9quent, plusieurs auteurs proposent de parler d\u2019un spectre du TDAH pour pouvoir faire \u00e9tat de de la diversit\u00e9 des profils et de la multiplicit\u00e9 des manifestations, ainsi que de leur \u00e9volution au fil du temps (variabilit\u00e9 inter- et intra-personnelle). (Brown, 2017 ; Barkley, 2018).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-708\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image14-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"708\" \/>\r\nBien que le QI ne permette pas, \u00e0 lui seul, de r\u00e9pondre ad\u00e9quatement aux besoins d\u2019un individu, il repr\u00e9sente un \u00e9l\u00e9ment primordial et n\u00e9cessaire pour pouvoir identifier un haut potentiel intellectuel (Brasseur et Cuche, 2021). L\u2019identification d\u2019un HPI ne peut donc pas faire l\u2019impasse sur la passation d\u2019un test d\u2019intelligence valid\u00e9 (les mesures les plus utilis\u00e9es actuellement \u00e9tant les \u00e9chelles de Weschler).\r\n\r\nActuellement, le seuil de 130 (quotient intellectuel sup\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 130) semble faire consensus aupr\u00e8s des professionnels et experts. N\u00e9anmoins, Il est \u00e0 consid\u00e9rer comme un point de rep\u00e8re sur la variable continue qu\u2019est l\u2019intelligence et non comme une fronti\u00e8re (o\u00f9 l\u2019intelligence d\u2019avant 130 serait diff\u00e9rente de celle d\u2019apr\u00e8s 130).\r\n\r\nIl est imp\u00e9ratif, par ailleurs, de garder en t\u00eate que la mesure obtenue \u00e0 un test de QI doit toujours faire l\u2019objet d\u2019une interpr\u00e9tation par un praticien form\u00e9 ! Les r\u00e9sultats doivent \u00eatre nuanc\u00e9s en tenant compte de diverses variables (erreurs de mesure, dispersion des scores aux \u00e9preuves, observations faites durant la passation, informations r\u00e9colt\u00e9es lors de l\u2019anamn\u00e8se et de l\u2019entretien, etc.) et ne peuvent, \u00e0 eux seuls, r\u00e9sumer ou d\u00e9finir le fonctionnement d\u2019un individu.\r\n\r\nPar cons\u00e9quent, si la passation d\u2019un test de QI repr\u00e9sente un \u00e9l\u00e9ment central dans la d\u00e9marche d\u2019identification du HPI et la seule m\u00e9thode v\u00e9ritablement pertinente actuellement, elle n\u2019en reste pas moins une estimation \u00e0 un instant T des capacit\u00e9s intellectuelles d\u2019une personne. Cette mesure ne peut, en outre, pas \u00eatre isol\u00e9e d\u2019une \u00e9valuation plus globale visant \u00e0 comprendre le mode de fonctionnement g\u00e9n\u00e9ral d\u2019un individu en vue de r\u00e9pondre \u00e0 une \u00e9ventuelle demande d\u2019aide ou d\u2019accompagnement. (Gr\u00e9goire, 2019 ; Brasseur et Cuche, 2021 ; Gr\u00e9goire in Gauvrit &amp; Clobert, 2021)\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-709\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image15-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"709\" \/>\r\nLes \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es sur la population HPI tendent plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9montrer le contraire : les habilet\u00e9s intellectuelles plus \u00e9lev\u00e9es seraient corr\u00e9l\u00e9es avec de meilleures capacit\u00e9s d\u2019adaptation et, par cons\u00e9quent, un moindre risque de pr\u00e9senter un probl\u00e8me de sant\u00e9 mentale (anxi\u00e9t\u00e9, d\u00e9pression, troubles du comportement, TDAH, etc.). Un haut niveau de quotient intellectuel serait donc un facteur de protection plut\u00f4t qu\u2019un facteur de risque de pr\u00e9senter des troubles associ\u00e9s (Antshel et al., 2008 ; Gao et al., 2015 ; Murray &amp; Farrington, 2010 ; Martin et al, 2010 ; Keyes et al. 2017).\r\n\r\nNotons que les \u00e9tudes d\u00e9montrent \u00e9galement que les individus pr\u00e9sentant un HPI affichent une estime d\u2019eux-m\u00eames l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la population normale (Hoge &amp; Renzulli, 1983) et un niveau de satisfaction de leur vie au m\u00eame niveau que leurs pairs (Bergold et al., 2015).\r\n\r\nCela ne signifie, bien s\u00fbr, pas que les personnes HPI ne souffrent jamais ou ne pr\u00e9sentent aucune difficult\u00e9, ni trouble, mais plut\u00f4t que ces aspects ne seraient pas directement en lien avec le haut potentiel en tant que tel et que le fait de disposer de capacit\u00e9s intellectuelles plus \u00e9lev\u00e9es ne repr\u00e9sente pas un risque accru de rencontrer plus de difficult\u00e9s.\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-710\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image16-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"710\" \/>\r\nBien que l\u2019id\u00e9e que les personnes HPI pr\u00e9sentent un fonctionnement \u00e9motionnel particulier soit encore largement v\u00e9hicul\u00e9e aujourd\u2019hui, tant dans la population g\u00e9n\u00e9rale que dans les m\u00e9dias et aupr\u00e8s de certains professionnels, de tr\u00e8s nombreuses \u00e9tudes ont d\u00e9menti cette affirmation. Les donn\u00e9es actuelles d\u00e9montrent, en effet, que les personnes \u00e0 haut potentiel ne rencontrent pas plus de difficult\u00e9s que les autres en mati\u00e8re de gestion \u00e9motionnelle et pr\u00e9sentent, au contraire, une intelligence \u00e9motionnelle d\u00e9velopp\u00e9e qui pourrait les rendre moins vuln\u00e9rables aux d\u00e9sagr\u00e9ments \u00e9motionnels sur certains aspects (Brasseur et al., 2013 ; Brasseur in Gauvrit et Clobert, 2021).\r\n\r\nSi l\u2019on s\u2019int\u00e9resse plus sp\u00e9cifiquement \u00e0 la notion d\u2019hypersensibilit\u00e9, il convient, tout d\u2019abord, de clarifier le concept qui est \u00e9galement sujet \u00e0 de nombreux mythes et repr\u00e9sentations*. Deux composantes peuvent \u00eatre distingu\u00e9es dans l\u2019hypersensibilit\u00e9 : la r\u00e9activit\u00e9 \u00e9motionnelle initiale - essentiellement d\u00e9termin\u00e9e par des facteurs physiologiques et g\u00e9n\u00e9tiques, et repr\u00e9sentant la r\u00e9action initiale d\u2019un individu face \u00e0 une situation potentiellement \u00e9motionnelle (Mikolajczak, 2009) - et l\u2019intensit\u00e9 subjective affective - laquelle concerne le traitement cognitif des informations \u00e9motionnelles et influence notre perception d\u2019une situation (Larsen &amp; Diener, 1987). Ici encore, bien que les \u00e9tudes soient beaucoup moins nombreuses, les recherches men\u00e9es ne font \u00e9tat d\u2019aucune diff\u00e9rence significative entre la population HPI et la population ordinaire, tant en ce qui concerne la r\u00e9activit\u00e9 \u00e9motionnelle initiale qu\u2019au niveau de l\u2019intensit\u00e9 subjective affective et le haut potentiel ne serait donc pas associ\u00e9 \u00e0 l\u2019hypersensibilit\u00e9 (Brasseur et Cuche, 2019).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-711\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image17-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"711\" \/>\r\nL\u2019inattention est une manifestation tout \u00e0 fait ordinaire et pr\u00e9sente ponctuellement chez tout un chacun. Lorsqu\u2019elle devient trop fr\u00e9quente, elle peut \u00eatre probl\u00e9matique et entraver le fonctionnement d\u2019un individu, causant de nombreuses difficult\u00e9s et perturbations dans la vie quotidienne. Pour pouvoir parler d\u2019un TDAH, les comportements observ\u00e9s doivent \u00eatre beaucoup plus persistants et handicapants qu\u2019attendu et repr\u00e9senter une r\u00e9elle entrave dans plusieurs domaines de la vie quotidienne. (Brown, 2017)\r\n\r\nToutefois, les probl\u00e8mes de concentration ne sont pas syst\u00e9matiquement d\u00fbs \u00e0 un TDAH en tant que tel et peuvent \u00eatre mis en lien avec un tas d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, qu\u2019il s\u2019agisse de troubles ou pathologies sp\u00e9cifiques (trouble anxieux, trouble d\u00e9pressif, troubles sp\u00e9cifiques des apprentissages, troubles du spectre autistique, etc.) ou d\u2019aspects environnementaux (par exemple, des pr\u00e9occupations familiales, une pr\u00e9carit\u00e9 financi\u00e8re, etc.).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-712\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image18-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"712\" \/>\r\n\r\nOn a longuement pens\u00e9 que les enfants pr\u00e9sentant un D\u00e9ficit de l\u2019Attention avec ou sans Hyperactivit\u00e9 (TDAH) gu\u00e9rissait spontan\u00e9ment dans le courant de l\u2019adolescence\u2026 Cependant, nombreuses sont les \u00e9tudes qui d\u00e9montrent le contraire et les experts consid\u00e8rent que pr\u00e8s de 70% des enfants souffrant d\u2019un TDAH continuent d\u2019\u00e9prouver des alt\u00e9rations en lien avec le TDAH jusqu\u2019\u00e0 la fin de leur vie (Brown, 2017).\r\n\r\nUne \u00e9tude fran\u00e7aise, men\u00e9e en 2014 par le Dr Herv\u00e9 Caci (psychiatre et p\u00e9dopsychiatre sp\u00e9cialis\u00e9 dans le TDAH), \u00e9valuait la pr\u00e9valence du TDAH \u00e0 pr\u00e8s de 3% de la population g\u00e9n\u00e9rale adulte selon les crit\u00e8res de l\u2019\u00e9poque (Gaillac &amp; Vera, 2016). La parution du DSM-5 (derni\u00e8re \u00e9dition du manuel de classification le plus utilis\u00e9 actuellement dans le domaine de la sant\u00e9 mentale) ayant \u00e9largi certains crit\u00e8res diagnostiques, une augmentation significative de la pr\u00e9valence du TDAH chez l\u2019adulte est pr\u00e9sum\u00e9e (Batstra, 2012).\r\n\r\nDe ce fait et compte tenu \u00e0 la fois de la pr\u00e9valence importante de ce trouble, mais aussi de sa persistance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et des complications que cela peut engendrer pour le sujet qui en souffre, le TDAH est consid\u00e9r\u00e9, par certains, comme un v\u00e9ritable probl\u00e8me de sant\u00e9 publique (Caci, 2021).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-713\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image19-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"713\" \/>\r\nReconnu comme une pathologie de la sant\u00e9 mentale depuis pr\u00e8s de deux si\u00e8cles, le TDAH fait partie des troubles neurod\u00e9veloppementaux si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux nosographies* mondialement reconnues par la communaut\u00e9 scientifique et clinique actuellement (DSM-5 ou CIM-11). Il s\u2019agit donc d\u2019un dysfonctionnement qui a des origines biologiques et physiologiques, en partie inn\u00e9es, et dont les manifestations apparaissent dans la p\u00e9riode de d\u00e9veloppement et perdurent tout au long de la vie.\r\n\r\nBien qu\u2019il soit commun\u00e9ment admis que le trouble est le r\u00e9sultat de facteurs g\u00e9n\u00e9tiques ET environnementaux (Faraone et al., 2015), il ne peut en aucun cas \u00eatre imput\u00e9 \u00e0 une mauvaise \u00e9ducation ou \u00e0 des pratiques parentales inadapt\u00e9es (ces \u00e9l\u00e9ments \u00e0 eux-seuls ne pouvant expliquer l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de la probl\u00e9matique associ\u00e9e au TDAH).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-714\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image20-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"714\" \/>\r\n\r\nConsid\u00e9r\u00e9 comme un facteur de protection (Keyes et al., 2017) plut\u00f4t que comme un probl\u00e8me en soi, le Haut Potentiel Intellectuel n\u2019est pas reconnu comme une pathologie ou en trouble en tant que tel. Il n\u2019est, en outre, pas associ\u00e9 de fa\u00e7on syst\u00e9matique \u00e0 des signes particuliers (symptomatologie) ou des difficult\u00e9s sp\u00e9cifiques (retentissement), crit\u00e8res n\u00e9cessaires pour pouvoir parler d\u2019une maladie (en sant\u00e9 mentale ou en m\u00e9decine classique).\r\n\r\nAinsi, bon nombre de professionnels et experts du sujet s\u2019accordent pour parler d\u2019identification du haut potentiel ou d\u2019un fonctionnement sp\u00e9cifique \u00e0 la personne et non de diagnostic, ceci afin d\u2019\u00e9viter, notamment, d\u2019associer le HPI \u00e0 un trouble, un dysfonctionnement, une maladie ou une pathologie. (Brasseur et Cuche, 2021 ; Gr\u00e9goire in Gauvrit &amp; Clobert, 2021).\r\n\r\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-715\" src=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Image21-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" data-wp-pid=\"715\" \/>\r\nLe TDAH est avant tout un trouble de la r\u00e9gulation (Brown, 2017 - pour n'en citer qu'un). Il est caract\u00e9ris\u00e9 par un dysfonctionnement des fonctions ex\u00e9cutives* qui affecte l\u2019ensemble du fonctionnement d\u2019un individu, tant sur le plan cognitif qu\u2019au niveau comportemental ou \u00e9motionnel, et entrave son efficacit\u00e9 dans la vie de tous les jours.\r\n\r\nCependant, cela ne signifie pas que les enfants qui en souffrent sont incapables de se concentrer ou de rester tranquille, mais plut\u00f4t qu\u2019ils peinent \u00e0 r\u00e9guler, adapter ou contr\u00f4ler les moments o\u00f9 ils pourront faire preuve d\u2019efficacit\u00e9. Ils seront, en outre, nettement plus sensibles que les autres \u00e0 l'attrait et l'int\u00e9r\u00eat de la t\u00e2che pr\u00e9sent\u00e9e et pourront se mobiliser davantage si l\u2019activit\u00e9 leur procure un r\u00e9el plaisir ; ils peuvent alors faire preuve d\u2019une concentration et d\u2019un calme impressionnants comparativement \u00e0 d\u2019autres moments, sans pour autant que cela ne remette le diagnostic en question.\r\n\r\n*Les fonctions ex\u00e9cutives sont des fonctions cognitives de haut niveau qui nous permettent de r\u00e9guler efficacement nos actions. Elles englobent, notamment, l\u2019inhibition, le contr\u00f4le attentionnel, la planification, le contr\u00f4le de la t\u00e2che en cours d\u2019action, la possibilit\u00e9 de se r\u00e9ajuster en fonction de l\u2019objectif \u00e0 atteindre, etc\r\n\r\n\r\nMerci au site neurotransmetteurs.be pour ces pr\u00e9cieux rappels \u2026","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-723","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>#StopAuxId\u00e9esRe\u00e7ues - Cabinet Psychologue Neuropsychologue<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/2022\/09\/06\/stop-aux-idees-recues\/\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"admin1613\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/jaimalalecole.fr\\\/index.php\\\/2022\\\/09\\\/06\\\/stop-aux-idees-recues\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/jaimalalecole.fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"#StopAuxId\u00e9esRe\u00e7ues\"}]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"#StopAuxId\u00e9esRe\u00e7ues - Cabinet Psychologue Neuropsychologue","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/2022\/09\/06\/stop-aux-idees-recues\/","author":"admin1613","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/2022\/09\/06\/stop-aux-idees-recues\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"#StopAuxId\u00e9esRe\u00e7ues"}]}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/723","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=723"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/723\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":737,"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/723\/revisions\/737"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/719"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=723"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=723"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/jaimalalecole.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=723"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}